« Où que nous soyons dans le monde, nous partageons les mêmes challenges »

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Nicolas Bertrand, enseignant chercheur en sciences pharmaceutiques à l’Université Laval au Canada a été accueilli à l’université de Bordeaux au sein du laboratoire ARNA sur le campus Carreire pour un séjour de 10 mois (sept. 2025 – juin 2026) dans le cadre du programme Visiting Scholars / Chercheurs et professeurs invités. Une mobilité très profitable.

Photo : Nicolas Bertrand ©Gautier Dufau
Nicolas Bertrand ©Gautier Dufau

Quelles sont les grandes étapes de votre parcours ? 

Nicolas Bertrand: Je me suis intéressé assez jeune à la recherche et la pharmacie me semblait être un bon choix. Pharmacien est un beau métier ! J’ai étudié à l’université de Montréal, une maitrise suivie d’un doctorat. En 2011 et jusqu’en 2015, j’ai fait un post doctorat au  MIT - Massachusetts Institute of Technology à Boston au sein du laboratoire du professeur Robert S. Langer, scientifique de renom et cofondateur de Moderna Pioneering mRNA technology - Moderna France connue pour avoir produit les vaccins du Covid-19, un environnement particulièrement ambitieux pour développer des compétences en recherche. Après ces quatre années très productives, je suis rentré à Québec où j’ai obtenu un poste de professeur à l’Université Laval.  J’ai également fondé un laboratoire spécialisé en nanotechnologies et nanosciences pharmaceutiques. Au Canada, nous travaillons au sein de petites structures. La mienne est composée d’une dizaine de personnes, essentiellement de mes étudiants et de techniciens de recherche.

Pourquoi avoir candidaté au programme Visiting Scholars (professeurs et chercheurs invités) de l’université de Bordeaux ? 

NB: À l’Université Laval, les professeurs sont encouragés à partir un an à l’étranger pour travailler sur un projet d’étude et de recherche. J’avais envie d’aller en Europe, dans un pays francophone afin de pouvoir scolariser mon fils. Mon père étant d’origine française, j’ai un lien particulier avec la France. Lors de mon doctorat à Montréal, j’avais rencontré Jeanne Leblond-Chain aujourd’hui chercheuse au sein du laboratoire ARNA (Acides nucléiques : Régulations naturelles et artificielles) de l’université de Bordeaux. Nous sommes restés en contact depuis. Je savais que ce serait une bonne expérience. Elle a évoqué ce programme Visiting Scholars auquel j’ai tout de suite candidaté. Le processus a pris presque une année. Je suis chanceux d’avoir été sélectionné et encouragé par ma famille, très heureuse de m’accompagner à Bordeaux ! 
Nous sommes arrivés en septembre 2025. J’ai été particulièrement bien accueilli au sein du laboratoire. 

Quels étaient les objectifs de votre mobilité ? Les avez-vous atteints ? 

Je souhaitais expérimenter un autre environnement de travail mais aussi permettre à mon équipe, au Canada, de gagner en autonomie pendant mon absence.  
Avec le laboratoire ARNA ici à l’université de Bordeaux, nous avons des intérêts communs. Même si le système est plus complexe en France, la présence de Jeanne Leblond-Chain était un atout rassurant. L’objectif était de consolider mon expertise en ARN (acide ribonucléique), principe actif très prometteur et spécialité d’ ARNA.  Dans mon labo, nous travaillons principalement sur des modèles animaux, expertise que j’ai pu partager avec l’équipe de Jeanne Leblond-Chain. J’ai également eu l’occasion d’encadrer des étudiants de master 2 et de découvrir des façons différentes d’enseigner, mais aussi de participer à des comités d’évaluation et d’interagir avec des organismes que je ne connaissais pas. Tout cela m’a aidé à mieux comprendre le système français. Globalement, j’ai beaucoup appris. Cette année est passée très vite…
De plus, vivre à Bordeaux en famille a été un grand plaisir. Nous avons vraiment aimé la ville. 

Vous retournez au Québec. Que retenez-vous de cette mobilité ? Cette collaboration avec l’université de Bordeaux va-t-elle se poursuivre ?  Si oui comment ? 

Cette expérience a été extrêmement bénéfique et enrichissante. Les liens tissés avec ARNA pendant ma mobilité vont permettre d’augmenter les interactions entre nos deux laboratoires. Nous allons prévoir des échanges scientifiques, poursuivre nos travaux communs et probablement publier ensemble dans le futur. Côté formation, j’aimerais également que nous puissions procéder à des échanges. La façon d’enseigner au Canada est plus pragmatique, tout comme la pratique concrète de la pharmacie.
Le pharmacien chez nous, est l’expert incontesté du médicament, qu’il peut prescrire sans l’avis du médecin dans de nombreux cas. C’est une vision intéressante à partager. 
J’ai pu constater la volonté manifeste d’internationalisation de l’université de Bordeaux, et par la même occasion la force des liens qui unissent nos deux établissements, un avantage de taille. 
Partir en mobilité permet d’expérimenter d’autres mœurs, d’autres façons de pratiquer le même métier, mais aussi de remettre en question ses certitudes. C’est une chance !