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Mise à jour le : 07/09/2026
À la rentrée 2027, le PASS-LAS disparaîtra au profit d'une voie unique d'accès aux études de santé, appelée « licence portail santé ». L’objectif affiché est de simplifier un système jugé trop complexe et de garantir plus d’équité entre les étudiants. Pascal Lecroart, vice-président en charge de la Formation et de la vie universitaire à l'université de Bordeaux, revient sur les enjeux de la mise en œuvre de cette réforme nationale dont les textes réglementaires seront publiés courant septembre 2026.
Pascal Lecroart : Le PASS (Parcours accès spécifique santé) et la LAS (Licence avec option accès santé) qui ont remplacé en 2020 la PACES (Première année commune aux études de santé) ont facilité la poursuite d’études aux étudiants qui n’intégraient pas les filières santé (Médecine, Maïeutique, Odontologie et Pharmacie-MMOP). En revanche, ce système s’est avéré rapidement très complexe et générateur de stress, tant pour les étudiants que pour les enseignants et les personnels administratifs. Tous avaient du mal à s’y retrouver. Par ailleurs, il n’a pas permis autant que prévu de favoriser l’accès aux études de santé pour les jeunes éloignés géographiquement et socialement de l’enseignement supérieur. Ce constat partagé par la plupart des universités interroge alors même que les besoins en professionnels de santé demeurent importants dans de nombreuses régions et dans les territoires. C’est pourquoi le gouvernement a annoncé cette nouvelle réforme et la mise en œuvre de la « licence portail santé » à la rentrée 2027.
PL : Le premier point et non des moindres est la simplification de l’entrée dans les études de santé : les lycéens n'auront plus à arbitrer entre un PASS et une LAS. Ils s'inscriront dans une voie unique, appelée « licence portail santé » correspondant à un seul vœu sur Parcoursup. Cette première année sera structurée autour de trois blocs : un bloc santé - 30 ECTS - (sciences de la santé, sciences biologiques, sciences fondamentales et sciences humaines et sociales – éthique et santé publique), un bloc disciplinaire - 24 ECTS- au choix (sciences et technologies, droit, économie - gestion, psychologie, STAPS) et enfin un bloc transversal -6 ECTS- (langue vivante, compétences psychosociales et découverte des métiers de la santé). A la fin de cette première année, les étudiants ayant validé leur année en première session sont classés pour entrer dans la filière MMOP de leur choix (le classement dépend des notes obtenues dans les différents blocs et des places disponibles). En cas d’échec, ils continuent dans la licence générale de leur bloc disciplinaire et pourront présenter une seconde candidature l’année suivante s’ils la valident. Un autre changement majeur est la disparition de l’oral d’admission. Cette pratique avait en effet suscité de nombreuses critiques au regard des difficultés à la mettre en œuvre. Enfin les étudiants de la licence portail santé auront la possibilité de redoubler sous conditions.
PL : La principale différence est le renforcement des enseignements disciplinaires. Les promoteurs de la réforme sont convaincus qu'un futur médecin, pharmacien, dentiste ou sage-femme doit développer de nouvelles compétences en lien avec l’évolution des métiers de la santé, notamment en sciences humaines, en communication ou dans d'autres disciplines connexes à la santé. C'est aussi une manière de sécuriser les parcours, car aujourd'hui une majorité d'étudiants n'accèdent pas aux études de santé et doivent pouvoir poursuivre un cursus cohérent.
PL : Aujourd'hui, nous accueillons 1 400 étudiants en PASS et 400 en LAS. La future capacité d'accueil de la licence portail santé est encore en discussion avec le rectorat et le ministère. Elle dépendra des moyens humains et financiers qui seront accordés. Si ces moyens ne sont pas au rendez-vous, nous pourrions être contraints de réduire le nombre de places afin de garantir de bonnes conditions de formation et absorber les redoublants. Il faudra également adapter les enseignements, discuter des modalités d’enseignements à privilégier, coordonner l'ensemble des composantes concernées et accompagner les étudiants.
PL : Le nouveau dispositif sera incontestablement plus simple à piloter et beaucoup plus lisible pour les étudiants. C'est un point très positif. En revanche, sa réussite dépendra des moyens qui seront accordés aux universités. L'enveloppe annoncée de 5 millions d'euros pour l'ensemble des établissements est un premier signal, mais elle reste très insuffisante au regard des transformations à conduire et des besoins.
Rédactrice
stephanie.beraud-sudreau%40u-bordeaux.fr