COMP 2026-2030 : un cap commun pour toute l'université

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Le Contrat d'objectifs, de moyens et de performance (COMP) 2026-2030 n’est pas un simple document administratif. Pendant plusieurs mois, plus de soixante personnels de l'université de Bordeaux, aux côtés de l'équipe présidentielle et de nombreux partenaires, ont contribué à élaborer cette feuille de route qui guidera l'établissement jusqu'en 2030. Éclairage avec Catherine Gauthier, première vice-présidente en charge de la gouvernance et des finances, et Maureen Braquessac, directrice générale des services adjointe déléguée au Pôle pilotage et aide à la stratégie.

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« Le COMP est bien plus qu'un contrat avec l'État : c'est une façon de dire qui nous sommes, où nous voulons aller et comment nous allons y parvenir ensemble. » Ce résumé est signé Maureen Braquessac, DGSA du Pôle pilotage et aide à la stratégie (PAS) qui a porté ce chantier compliqué et fédéré de nombreux acteurs de l’université pendant des mois. L'élaboration de ce nouveau contrat d'objectifs, de moyens et de performance ne s'est en effet pas déroulée dans des conditions idéales, entre un calendrier ministériel très resserré, le renouvellement de la gouvernance de l’université début 2026 et un contexte budgétaire tendu. 

Malgré tout, ce document stratégique s’est appuyé sur une démarche ouverte : plus d'une soixantaine de personnes issues de la gouvernance, des services de l’université et des composantes ont participé à la réflexion autour de ce contrat, sans compter les nombreux partenaires extérieurs mobilisés sur certaines thématiques. « On peut toujours écrire un document stratégique à cinq et le boucler en trois mois », observe Maureen Braquessac, « mais ce n'est pas comme ça qu'on crée une dynamique collective ni que l'on facilite ensuite la mise en œuvre du plan et son appropriation par l’ensemble de la communauté. »

« Ce document dit précisément quelle est la place de l’université de Bordeaux dans l'écosystème de l'enseignement supérieur et de la recherche », renchérit Catherine Gauthier, première vice-présidente en charge de la gouvernance et des finances, incitant chaque membre du personnel à lire ce texte d’une vingtaine de pages qui rappelle les valeurs de l’institution : une recherche et une formation de grande qualité, l'ouverture vers la cité, les territoires et l’international, la production de connaissances au service de la société. « Le COMP est le réceptacle de ces ambitions, poursuit Catherine Gauthier. Il rappelle pourquoi nous sommes là et ce que nous voulons continuer à défendre dans un contexte qui bouscule profondément l'enseignement supérieur, la recherche et plus largement la société. » Maureen Braquessac le constate tous les jours, « nos collègues sont très attachés au service public et au modèle de l’université ; beaucoup cherchent à comprendre comment leur travail s'inscrit dans un projet plus large. Le COMP apporte cette vision d'ensemble et rappelle le sens de notre action. » 

Une université lucide sur ses moyens

Le COMP assume aussi une réalité que les personnels connaissent bien : les marges de manœuvre financières des universités se réduisent. Pour Catherine Gauthier, cette lucidité est indispensable. « Nous savons depuis plusieurs années que notre modèle économique est sous tension. L'enjeu est donc de regarder ce qui dépend de nous : mieux piloter nos ressources, sécuriser nos recettes, maîtriser nos dépenses, tout en continuant à défendre, au niveau national, les moyens nécessaires à nos missions. » Le document ne renonce pas aux ambitions mais cherche à les inscrire dans un cadre réaliste. « C'est précisément l'intérêt d'un exercice comme l’élaboration d’un COMP : relier les ambitions aux moyens disponibles et faire des choix collectifs. » Cette volonté se traduit notamment en remettant au cœur des priorités de l’université ses missions fondamentales : l’excellence de la formation et de la recherche.

Au-delà des grandes orientations, le COMP porte aussi des engagements très concrets : poursuivre la simplification des procédures administratives, accompagner l'évolution des métiers, accélérer la rénovation énergétique du patrimoine, renforcer la science ouverte… L'une des évolutions majeures de ce COMP réside dans sa volonté d'intégrer des stratégies qui, jusque-là, pouvaient parfois évoluer en parallèle. « Les transitions, par exemple, ne sont plus un sujet à part », explique Catherine Gauthier. « Elles doivent irriguer la formation, la recherche, les partenariats, les campus, notre manière de travailler. Ce COMP est un exercice d'intégration. » Maureen Braquessac cite les Living Labs comme une bonne illustration de cette approche, eux qui réunissent chercheurs, enseignants, personnels administratifs, étudiants et partenaires du territoire autour de problématiques concrètes afin d'expérimenter ensemble des solutions transférables à la société. « C'est une façon de mettre toutes les expertises autour de la table et de montrer ce que l'université peut apporter aux défis contemporains et leur concrétisation dans le territoire », souligne-t-elle.

Les deux responsables insistent enfin sur un point : si le COMP fixe une trajectoire, sa réussite dépendra avant tout de son appropriation par les équipes. « Le document ne changera probablement pas immédiatement le quotidien de chacun », reconnaît Catherine Gauthier. « En revanche, le travail quotidien de chacun contribuera directement à atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés collectivement. » Et de conclure : « Nous avons tous et toutes un rôle à jouer dans cette trajectoire. Le COMP rappelle le cap commun qui nous rassemble. »

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L'université de Bordeaux a été pionnière avec un premier COMP expérimental

Bien avant la généralisation des Contrats d'objectifs, de moyens et de performance (COMP) à l'ensemble des universités françaises, l'université de Bordeaux a participé en 2023 à la première vague de déploiement des COMP, avec un projet couvrant la période 2023-2025. Ce premier COMP a permis de tester une nouvelle façon de piloter l'établissement, en articulant plus étroitement stratégie, financement et évaluation.
Au-delà de son apport financier, cette première expérience a surtout servi d'accélérateur pour plusieurs projets structurants. Elle a également contribué à faire évoluer les pratiques de pilotage, en favorisant un suivi plus transversal des projets et une meilleure coordination entre les différents acteurs de l'université. Le COMP 2026-2030 s'inscrit dans cette continuité, avec une ambition renforcée : faire de cette feuille de route non plus un contrat concernant quelques projets ciblés, mais un cadre de référence pour l'ensemble des politiques et des transformations de l'université.

  • Anne Chaput

    Rédactrice

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