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Aerospace Valley : «Intensifier nos relations avec le monde industriel»

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Recherche, innovation, plateformes technologiques, formations : l’université de Bordeaux souhaite renforcer sa visibilité auprès des acteurs de la filière aéronautique, spatiale et des drones. À l’approche du forum annuel du pôle de compétitivité Aerospace Valley, Dominique Rebière, nouveau vice-président en charge des entreprises et filières, détaille les ambitions de l’établissement et les opportunités qu’ouvre ce rendez-vous stratégique.

Photo : © Aerospace Valley_Christian Rivière_2025
© Aerospace Valley_Christian Rivière_2025

Vous allez participer au forum Aerospace Valley à Biarritz les 4 et 5 juin : que représente cet événement pour l’université de Bordeaux ?

Dominique Rebière : Le Forum Aerospace Valley est un rendez-vous majeur pour l’écosystème aéronautique, spatial et des drones à l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine et de l’Occitanie, avec une portée qui dépasse largement le cadre régional. Il réunit des grands groupes, des PME et des ETI (entreprises de taille intermédiaire), des acteurs académiques et institutionnels autour des grands enjeux de la filière dans un contexte de transitions environnementales et énergétiques. Pour l’université de Bordeaux, ce rendez-vous est incontournable à plusieurs titres. D’abord parce que l’aéronautique et le spatial sont des secteurs stratégiques pour notre territoire et pour notre établissement : nous disposons de nombreuses compétences reconnues sur un spectre scientifique et technologique large, qu’il s’agisse notamment des systèmes embarqués et communicants, des structures et systèmes mécaniques, des matériaux, de la propulsion et de l'énergie embarquée, des données et de l’intelligence artificielle. Ensuite parce que ce forum permet des échanges directs entre acteurs, au-delà des conférences elles-mêmes. C'est souvent dans ces moments de rencontre que naissent les collaborations de demain.

L’université de Bordeaux est engagée depuis longtemps dans Aerospace Valley, mais semble aujourd’hui renforcer sa présence. Qu’est-ce qui a changé ces dernières années ?

D.R. : Notre université fait partie des membres fondateurs d’Aerospace Valley, mais nous franchissons aujourd’hui une nouvelle étape. Cette année marque notamment une présence plus forte sur le Forum, avec une délégation importante bordelaise et, pour la première fois, un stand porté par le Pôle Universitaire d’Innovation (PUI) Bordeaux. Ce changement traduit une évolution plus profonde : nous cherchons aujourd’hui à rendre notre offre plus lisible et plus accessible pour les acteurs socio-économiques tant sur le plan de la recherche et de l’innovation que dans le champ de la formation. L’université de Bordeaux, avec ses partenaires fondateurs du PUI, dispose d’une richesse considérable en matière de recherche, d’innovation et de formation, ce qui se traduit par une grande diversité d’expertises de haut niveau, plus de 30 plateformes de recherche (Bordeaux Research Facilities) ouvertes au monde socio-économique. L’enjeu est désormais de mieux structurer cette diversité et de simplifier les points d’entrée pour les entreprises.

En tant que vice-président en charge des relations entreprises et filières, quelle place les partenariats avec les secteurs aéronautique, spatial et des drones occupent-ils dans votre feuille de route ?

D.R. : Ces secteurs représentent un poids économique majeur pour notre territoire et s’appuient sur un tissu dense d’acteurs industriels avec lesquels nous entretenons déjà des collaborations solides. Nous avons des partenariats historiques avec de grands industriels comme Safran, Thales et Ariane Group, à travers des laboratoires communs ou des projets de recherche. Je pense notamment au Laboratoire des composites thermostructuraux (LCTS), le laboratoire commun historique du site, créé en 1988 et co-animé par le CNRS, l’université de Bordeaux, Safran Ceramics et le CEA, ou encore au Groupement d’intérêt scientifique (GIS) Albatros (Alliance Between Universities in Aquitaine and Thales in Research on AviOnics Systems) né suite à un accord structurant signé entre Thales, Bordeaux INP, l'université de Bordeaux, Inria et le CNRS. Ces collaborations permettent de conduire des travaux de recherche de haut niveau, au sein de l'Institut de mathématiques de Bordeaux (IMB), du Laboratoire de l'intégration du matériau au système (IMS), du Laboratoire bordelais de recherche en informatique (LaBRI) et des équipes de l’Inria dans une logique très proche des besoins industriels.

Mais au-delà de la recherche, il y a aussi un enjeu de formation. Comprendre les besoins en compétences des entreprises est essentiel pour construire les formations de demain. Nous travaillons déjà dans cette logique avec différents programmes Compétences et métiers d’avenir (CMA), comme CAP Biospace (biologie et santé spatiale) et CAP Elena (électronique) dont l’université est cheffe de file, ou encore le CMA Pégase autour de l’avion bas carbone, porté par nos collègues de l’université de Toulouse et dont nous sommes partenaire.

Cette année, l’université mettra notamment en avant les différentes actions du PUI Bordeaux avec ses plateformes, ses outils de valorisation et de transfert mais aussi ses formations dédiés à la filière. Qu’attendez-vous concrètement de ce forum ?

D.R. : Le premier objectif est de mieux faire connaître ce que nous savons faire. Être plus lisible auprès des acteurs de cette filière hautement stratégique pour la France. Nous souhaitons montrer que l’université peut accompagner les entreprises à différents niveaux : formation (initiale, alternance et formation tout au long de la vie), recherche partenariale, thèses - notamment CIFRE -, prestations ou collaborations de long terme, laboratoires communs (LabCom). Le forum sera notamment l’occasion de mettre en avant nos plateformes technologiques qui représentent une véritable richesse de l’établissement. Elles permettent aux entreprises d’accéder à des équipements de pointe mais aussi aux compétences scientifiques qui les accompagnent.

Nous allons également animer, avec nos collègues du PUI de Toulouse, une séquence afin de mettre en exergue des exemples de collaborations entre chercheurs et industriels, pour illustrer comment ces derniers ont accéléré des projets d’innovation grâce à la recherche académique. L’objectif est très concret : donner envie à d’autres entreprises de franchir le pas.

Les PME sous-traitantes sont une cible importante de cette édition. Quel message souhaitez-vous adresser à ces entreprises qui ne pensent pas toujours spontanément à l’université comme partenaire ?

D.R. : Je voudrais leur dire que l’université n’est pas uniquement un lieu de formation ou de recherche fondamentale. Nous pouvons aussi apporter des réponses très concrètes aux besoins des PME/PMI et ETI. Même si ces entreprises ont parfois des horizons temporels très courts, là où la recherche fonctionne souvent sur des cycles plus longs, nous savons travailler à différentes échelles : une prestation ciblée, une expertise, l’accès à une plateforme, une thèse CIFRE ou une collaboration plus structurante.

Notre objectif est précisément de rendre ces coopérations plus simples et plus lisibles. Les équipes du PUI de Bordeaux présentes sur le Forum auront ainsi pour mission d’être à l’écoute des acteurs de la filière et de faciliter cette rencontre avec nos chercheurs, ingénieurs et techniciens. Nous voulons éviter que des entreprises renoncent en frappant à la mauvaise porte. Avec plus de 830 membres, le pôle de compétitivité Aerospace Valley constitue un écosystème particulièrement riche auquel l’université peut apporter des solutions concrètes. Nous souhaitons ainsi construire de nouveaux partenariats dans une logique de proximité et de confiance.