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Préparer la génération 2030

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Il y a quelques semaines, ils étaient des milliers à franchir les portes de l’université de Bordeaux. Néo-bacheliers ou déjà engagés dans leur cursus, ces étudiantes et ces étudiants seront pour la plupart dans la vie active à l’horizon 2030. Une génération qui devra composer avec des transformations profondes. Pour les y préparer, l’université de Bordeaux entend anticiper dès aujourd’hui les défis de demain. Lors de la conférence de presse de rentrée, lundi 28 septembre, son président, Dean Lewis, a présenté les grandes orientations de cette nouvelle année universitaire.

Photo : Campus Montesquieu © Gautier Dufau
Campus Montesquieu © Gautier Dufau

2030, c’est demain. Le moment où les effets du changement climatique pèseront davantage sur nos sociétés, où l’intelligence artificielle transformera les métiers, les organisations, l’accès au savoir. Le moment où les enjeux de souveraineté scientifique, technologique et industrielle occuperont une place centrale. Des défis de taille pour la génération qui entre cette année à l’université. « Notre mission est de préparer nos étudiants à évoluer dans ce monde en pleine transformation », a déclaré Dean Lewis, président de l’université de Bordeaux, lors de la conférence de presse de rentrée, qu’il a tenu lundi 28 septembre, aux côtés de Catherine Gauthier, première vice-présidente. « Car l’obtention d’un diplôme ne suffit pas. Il faut des conditions d’études dignes, un accès au logement, à la santé, à la culture, à l’engagement. Pour répondre à ces exigences, nous avons signé en juillet dernier un Contrat d’objectifs, de moyens et de performances qui couvre l’ensemble de nos missions jusqu’en 2030. Cette feuille de route réaffirme nos priorités et accompagne nos transformations. »

Catherine Gauthier et Dean Lewis lors de la conférence de presse de rentrée de l'université de Bordeaux © université de Bordeaux
Catherine Gauthier et Dean Lewis lors de la conférence de presse de rentrée de l'université de Bordeaux © université de Bordeaux

S’adapter aux enjeux environnementaux

Ce fut l’occasion de revenir sur le contexte particulier dans lequel les étudiants retrouvent les bancs de la fac. Les épisodes de fortes chaleurs et les incendies en Gironde ont affecté les activités de l’université, mais aussi, éprouvé étudiants et personnels.
« Ce contexte nous invite à nous adapter et à réfléchir urgemment à des solutions pour l’ensemble de notre communauté : adaptation des locaux, modalités de report des examens, mise en place de zones de fraîcheur, révision du temps de travail… », a détaillé Catherine Gauthier. L’université travaille ainsi à la construction d’un plan d’adaptation destiné à mieux prévenir les risques environnementaux liés au dérèglement climatique. Une démarche qui doit également renforcer les actions déjà engagées en faveur des transitions environnementales et sociétales.

Donner aux étudiants les moyens de réussir

Avec près de 56 000 étudiants attendus pour l’année 2026-2027, l’université de Bordeaux confirme son attractivité. Parmi eux,
9 600 néo-bacheliers ont fait leur rentrée, soit une légère progression par rapport à l’année précédente.
Mais la réussite étudiante ne se joue pas uniquement dans les amphithéâtres. Elle dépend aussi des conditions d’accueil, de santé et d’accompagnement proposées tout au long du parcours universitaire. Logement, précarité, santé mentale, taux d’encadrement : autant de sujets auxquels l’université entend apporter des réponses. « Ainsi, la vie étudiante est inscrite parmi les priorités du COMP. Un schéma directeur de la vie étudiante sera adopté fin 2026, avec un volet spécifiquement consacré à la santé, adossé à l’Agence Régionale de Santé. L’université prévoit également la livraison de 200 logements opérés par le Crous d’ici 2029 et travaille sur d’autres projets de construction dans le cadre de la dévolution du patrimoine » souligne Dean Lewis.
Le COMP réaffirme par ailleurs l’ambition de proposer une offre de formation capable d’évoluer avec les transformations de la société, tout en plaçant la réussite des étudiants au cœur de la stratégie de l’établissement.

L’IA, un outil au service des missions universitaires

Évoquée lors de la conférence de presse de rentrée, l’intelligence artificielle s’impose aussi comme l’un des grands enjeux de l’année universitaire. L’université accueille désormais une génération d’étudiants déjà familière de cet outil : 85 % des étudiants et 70 % des personnels déclarent l’utiliser.
Face à cette réalité, l’enjeu n’est plus de savoir s’il faut composer avec l’IA, mais comment en faire un usage éclairé et responsable. Dean Lewis a nommé Xavier Blanc vice-président en charge de l’intelligence artificielle, avec pour mission de définir un cadre global tout en laissant aux différentes filières la liberté de l’adapter à leurs pratiques et à leurs enjeux.
Quels outils mettre à disposition des étudiants et des personnels ? Quelles limites fixer ? Comment faire évoluer les pratiques pédagogiques et développer l’esprit critique ? Comment prendre en compte les effets de l’IA sur la recherche ou encore son impact environnemental ? Très discutées au sein de la communauté universitaire, ces questions doivent notamment conduire à l’élaboration d’un guide des usages et à plusieurs initiatives d’accompagnement.

Rester ambitieux et maitriser les ressources

L’IA illustre ainsi l’une des transformations profondes que l’université doit anticiper et accompagner. Une ambition qui se heurte toutefois à l’absence de des marges de manœuvre financières, alors même que les attentes qui pèsent sur l’enseignement supérieur et la recherche n’ont jamais été aussi nombreuses. Le COMP 2026-2030 vise ainsi à couvrir 100% des missions et permettre à chaque direction, chaque composante, chaque service de s’approprier ce cadre. Il s’accompagne d’une enveloppe budgétaire dédiée, qui comprend, en plus de la dotation socle, un bonus contractuel de 19,6 millions d’euros sur cinq ans.

Selon Dean Lewis, « le COMP apporte une trajectoire financière qui permet de sécuriser certaines politiques prioritaires mais il ne permet pas à lui seul de redresser la situation. En effet, sur cette période, le COMP contribue en partie aux 75 millions d’euros nécessaires pour maintenir les missions de service public. Nous subissons depuis 2022 un « effet ciseau », c’est à dire une progression continue de nos dépenses obligatoires (masse salariale, coût de fonctionnement, crise énergétique, inflation, non-compensation par l’Etat de mesures nationales) versus une baisse de nos recettes de fonctionnement. Les tensions budgétaires qui pèsent sur les universités n’est plus un sujet polémique avec notre ministère. En effet, les assises du financement des universités, lancées à l’initiative du Ministre, ont mis en évidence cet effet ciseau qui, si aucune mesure corrective n'était prise, génèrerait un déficit cumulé pour l’ensemble des universités de près d'1 milliard d’euros fin 2027. Cette situation entrainerait une diminution des budgets de fonctionnement et d’investissement au détriment des effectifs, des conditions et des environnements d’étude et de travail. Sans surprise, donc, et comme la majorité des universités, nous sommes en déficit. Il est temps de modifier notre modèle de financement ; mais il faudra sans doute attendre les élections présidentielles de 2027… » 

Un autre défi majeur attend l’université de Bordeaux dans les dix prochaines années : près de 400 départs à la retraite. Afin de garder un potentiel académique d’excellence, l’université de Bordeaux anticipe en travaillant sur un plan de gestion des emplois responsable. « En cette rentrée, nous mettons tout en œuvre pour celles et ceux qui construiront 2030, notre avenir commun. »

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  • Stéphanie Béraud-Sudreau

    Rédactrice

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