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Mise à jour le : 08/06/2026
À l’heure des choix d’orientation, ou de réorientation, pour de nombreuses étudiantes et étudiants de l’université de Bordeaux, sa plus petite composante de formation, l’Institut du thermalisme, accepte les candidatures jusqu’au 21 juin. Situé à Dax, cet Institut unique en France revendique des débouchés professionnels solides et une expérience étudiante agréable et sécurisante.
Dans la petite ville thermale de Dax, au cœur du département des Landes, à 45 minutes de l’océan, l’Institut du thermalisme accueille une centaine d’étudiants sur les 1 500 que compte la commune. La moitié des effectifs suit une première année de PASS (Parcours accès spécifique santé) délocalisée, grâce à des dispositifs d’enseignement immersifs connectés au campus bordelais. L’autre moitié est inscrite en licence professionnelle pour devenir technicien(ne) sanitaire des réseaux d’eau, manager en balnéothérapie ou chargé(e) de projet en santé, prévention, nutrition.
Karine Dubourg, la directrice adjointe de l’Institut, se réjouit de pouvoir proposer ces parcours de formation à des jeunes du territoire qui n’ont pas forcément envie, ou les moyens financiers, d’aller étudier à Bordeaux, Pau ou Toulouse. « C’est confortable et rassurant, pour certains, de rester dans leur environnement familial et de ne pas être lâchés seuls dans une grande métropole. »
L’Institut propose donc aujourd’hui trois licences professionnelles mention Métiers de la santé, accessibles après un bac +2. Première d’entre elles : le parcours Technicien(ne) sanitaire des réseaux d’eau. « Les étudiants développent des compétences en microbiologie, chimie, hydrogéologie ou mécanique des fluides », détaille Karine Dubourg. « Ils apprennent à contrôler la qualité sanitaire des eaux, mais aussi à intervenir techniquement sur les installations. » Les débouchés dépassent largement le seul secteur thermal : les hôpitaux, les piscines, les centres de thalassothérapie et même les bureaux d’études recrutent activement ces profils spécialisés.
La licence professionnelle Manager en balnéothérapie, destinée à des étudiants souvent issus de l’esthétique, du tourisme ou du bien-être, forme les futurs responsables ou assistants managers des spas, centres de balnéothérapie ou établissements de thalassothérapie. « Ce sont des étudiants qui vont apprendre à organiser les soins, accueillir la clientèle, gérer un établissement de bien-être », résume la directrice adjointe.
Enfin, le parcours Chargé(e) de projet en santé, prévention, nutrition répond directement aux enjeux actuels de santé publique. La formation attire majoritairement des étudiants issus de BTS diététique souhaitant poursuivre leurs études vers un bac +3. « Aujourd’hui, les politiques de santé publique sont axées sur l’activité physique adaptée et la nutrition », rappelle Karine Dubourg. « Il y a un vrai besoin de professionnels capables de développer des actions de prévention dans les collectivités ou les structures de santé. »
Les candidatures aux licences professionnelles de l’Institut du thermalisme sont ouvertes jusqu’au 21 juin sur la plateforme eCandidat de l’université de Bordeaux.
Si, jusqu’à présent, les étudiantes et les étudiants rejoignaient l’Institut du thermalisme uniquement au niveau bac +3, à partir de septembre 2027, ces jeunes pourront profiter d’un parcours complet dès la première année de licence. Une évolution importante pour l’Institut qui bénéficiera de la visibilité de Parcoursup et pourra aussi proposer des passerelles à des étudiants issus du PASS qui souhaiteraient se réorienter sans quitter la région de Dax. « Ce parcours complet nous permettra d’être envisagé par les lycéens dès le post-bac et d’accompagner davantage d’étudiants vers des métiers qui recrutent. »
Outre ces parcours de licence, l’Institut propose depuis de nombreuses années deux diplômes universitaires (DU), le premier destiné aux médecins – DU interuniversitaire de pratique médicale en station thermale -, l’autre aux agents des établissements de bien-être – DU de pratique des soins en hydrothérapie.
Autre chantier emblématique et actualité importante pour l’Institut : l’ouverture dès l’automne prochain d’un spa pédagogique. Sur le modèle des restaurants ou des salons de coiffure d’application, ce futur espace permettra aux étudiantes et aux étudiants de s’entraîner dans des conditions réelles. « Les clients bénéficieront de tarifs très attractifs et nos étudiants pourront expérimenter massages, soins humides, réflexologie plantaire… Ce spa pédagogique servira également aux étudiants de la licence Manager en balnéothérapie pour les former à l’accueil et à la gestion d’une clientèle. »
À plus long terme, l’Institut du thermalisme envisage également de s’équiper d’une cuisine pédagogique liée aux enseignements de nutrition et prévention santé. « Nous sommes vraiment engagés dans un projet global de redynamisation de l’Institut », résume Karine Dubourg, qui se réjouit de cette stratégie pilotée par le collège Santé de l’université de Bordeaux.
Contrairement aux idées reçues, les cures thermales conventionnées - trois semaines remboursées par l’Assurance maladie - ne s’adressent pas uniquement aux personnes âgées. Elles bénéficient aussi aux enfants souffrant d’otites récidivantes, aux patients souffrant de pathologies dermatologiques ou respiratoires, avec des résultats probants. Si la rhumatologie (80 % des curistes) concerne surtout les plus de 60 ans, d’autres orientations attirent une population plus jeune.
Un enjeu social et économique
Avec 250 millions d’euros par an, « le thermalisme ne représente que 0,15 % des dépenses de santé en France », rappelle Karine Dubourg, la directrice adjointe de l’Institut du thermalisme. « Il génère 25 000 emplois et dynamise les territoires. Les curistes, souvent ouvriers, employés ou artisans usés par des métiers physiques, font un effort financier pour se soigner. Seuls ceux qui gagnent moins de 14 000 €/an bénéficient d’aides pour le transport et l’hébergement (150 €) et pour beaucoup, ces trois semaines sont leur seule « pause » dans l’année. Entre thermalisme médical (remboursé) et thalasso/balnéothérapie (payant), la différence est donc de taille. Défendre les cures conventionnées, c’est défendre un accès aux soins pour tous. »