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Mobilisation étudiante : plusieurs campus fermés administrativement

Mise à jour le :

À la suite de nouveaux blocages et de tentatives d’occupation de locaux, l’université de Bordeaux a fermé administrativement plusieurs campus jusqu’au 25 octobre inclus, afin de garantir la sécurité des personnes et des biens.

Photo : Campus Peixotto à Talence © université de Bordeaux
Campus Peixotto à Talence © université de Bordeaux

Mise à jour du vendredi 23 octobre à 17h :

Le président de l'université Dean Lewis annonce qu'à ce jour « les conditions nécessaires à une réouverture de l'ensemble de nos campus dès le lundi 2 novembre ne sont pas réunies » et qu'il a donc pris « la décision, difficile mais nécessaire, de prolonger la fermeture administrative d’un certain nombre de bâtiments d’enseignement sur les campus Victoire, Montesquieu, Pey-Berland, Peixotto et Bordes jusqu'au dimanche 8 novembre inclus. En lien avec les directions des collèges concernés, des ajustements sont en cours pour limiter autant que possible l’impact de cette situation. »

La mobilisation étudiante se poursuit à l’université de Bordeaux, sur fond d’inquiétudes concernant la précarité, l’accès aux formations, la sélectivité des parcours et le manque de moyens de l’enseignement supérieur. Après la réouverture de l’ensemble des campus et bâtiments mardi 20 octobre au matin, des assemblées générales se sont tenues le midi, décidant de nouveaux blocages et aboutissant à des tentatives d'occupation des lieux, notamment sur les campus Montesquieu à Pessac et Peixotto à Talence. Plusieurs centaines d’étudiantes et étudiants se sont également rassemblés devant le bâtiment C4 au Domaine du Haut-Carré, siège de la présidence de l'université à Talence, obligeant les personnels à évacuer.

Dans ce contexte, les conditions permettant de garantir la sécurité des personnes et des biens n’étant pas réunies, Dean Lewis, président de l’université de Bordeaux, a décidé, en concertation avec les directions des collèges de formation concernés, de fermer administrativement plusieurs sites jusqu’au dimanche 25 octobre inclus.

Soutenir les étudiants, garantir la sécurité 

« Nous comprenons et soutenons les préoccupations exprimées par les étudiants, a déclaré Dean Lewis, dans un contexte où les universités manquent de moyens pour assurer pleinement leurs missions. C'est aussi le sens du manifeste que j'ai signé avec 79 autres responsables d'établissements, appelant l'État à apporter des réponses concrètes aux difficultés de l'enseignement supérieur et de la jeunesse. Pour autant, les dégradations, les blocages et les violences ne peuvent être acceptées. Notre priorité est de garantir la sécurité de tous et de préserver les conditions d'études et de travail. Nous restons pleinement disponibles pour engager un dialogue avec des représentants étudiants autour de revendications clairement exprimées, en distinguant ce qui relève de l'université et des décisions nationales. »

Assurer la continuité pédagogique

Pendant cette période de fermeture, les étudiants et étudiantes sont informés par mail des modalités de continuité pédagogique. Depuis le début du mouvement, les enseignements sont, selon les situations, assurés à distance, relocalisés ou reportés. Des ressources pédagogiques peuvent également être mises à leur disposition. L'objectif restant de revenir le plus rapidement possible à des conditions normales de travail et d'études pour le bien des étudiants et des personnels. 

Un mouvement national

La mobilisation s’inscrit dans un mouvement national d’ampleur. Selon Hélène Boulanger, vice-présidente de France Universités et présidente de l’université de Lorraine, près de 90 % des universités sont touchées par des blocages ou des fermetures administratives. Mardi, France Universités a publié le manifeste Faisons de la jeunesse une grande cause nationale !, appelant les pouvoirs publics à répondre aux difficultés rencontrées par les jeunes. Les revendications portent notamment sur la réforme des bourses, l’accès à un logement et à une alimentation abordables, le renforcement des moyens humains et matériels des universités et l’amélioration des conditions d’études. Les fédérations étudiantes des filières de santé ont également rejoint la mobilisation, alertant sur la précarité, le manque de moyens et la dégradation de la santé mentale étudiante.