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Mise à jour le : 12/10/2026
La doctorante en géologie, au laboratoire Environnements et Paléoenvironnements Océaniques et Continentaux (EPOC) sur le campus Bordes, est parmi les 35 lauréates du prix L'Oréal-UNESCO pour les femmes et la science de 2026.
Kadidiatou Touré est née à Bamako, au Mali. Au lycée, des reportages sur un gisement d'hydrogène naturel situé à environ 60 km de Bamako éveillent sa curiosité. À 17 ans, une bourse la conduit en géologie à Agadir, au Maroc, puis à Aix-Marseille Université. Elle prépare aujourd'hui une thèse au laboratoire Environnements et Paléoenvironnements Océaniques et Continentaux (EPOC, unité CNRS, Bordeaux INP, Ecole Pratique des Hautes Etudes et université de Bordeaux) sur l'hydrogène naturel, une ressource que la Terre produit elle-même et qui pourrait devenir une énergie bas-carbone. Attachée à l'éducation des filles, elle retourne régulièrement échanger avec les élèves de son ancienne école, à Bamako.
Je travaille sur l'hydrogène naturel, celui que la Terre produit elle-même dans le sous-sol. L'hydrogène est un vecteur d'énergie : il sert déjà dans certaines voitures, dans l'industrie ou pour produire de l'électricité. Je cherche à comprendre comment cet hydrogène se forme, circule et s'accumule sous terre, et où l'on peut le trouver. L'enjeu est de savoir s'il peut s'accumuler en quantités exploitables, comme le pétrole. Si c'est le cas, il pourrait devenir une nouvelle ressource pour diversifier les énergies bas-carbone.
Depuis toujours, je suis attirée par les sciences, et particulièrement par les mathématiques. Avec le temps, mon intérêt pour les sciences de la Terre s’est affirmé. Au collège, un professeur nous sensibilisait à la place de l'Afrique dans l'économie des matières premières, souvent exportées brutes plutôt que transformées sur place. Cela m'a donné envie de mieux connaître et valoriser les ressources naturelles. Ce qui a véritablement renforcé cette vocation, c'est de voir que la science pouvait transformer un phénomène inexpliqué, comme le dégagement d'hydrogène observé près de Bamako, en connaissances utiles à la société.
Oui, dans mon parcours, l'une des difficultés a été l'accès à certains environnements scientifiques très techniques. Dans certains pays où j'ai eu l'occasion de travailler, notamment dans le secteur minier, certaines représentations culturelles peuvent encore influencer la place des femmes sur le terrain et constituer des freins implicites à leur présence dans ces environnements. Par ailleurs, devenir mère et assumer seule cette responsabilité pendant mon doctorat a été un défi. Cela m'a fait mesurer combien les conditions de la recherche restent difficiles à concilier avec la vie de certaines jeunes femmes. J'ai toutefois eu la chance d'être entourée de personnes bienveillantes, dont le soutien a été essentiel pour poursuivre ma thèse.
Ne pensez jamais que certaines disciplines ne sont pas faites pour vous.
La Fondation L'Oréal, en partenariat avec la Commission nationale française pour l'UNESCO et l'Académie des sciences, récompense chaque année des Jeunes Talents France L'Oréal-UNESCO pour les femmes et la science.
Créé en 2007, ce programme a pour objet de révéler et récompenser de jeunes chercheuses talentueuses.
En 2026, 823 candidatures éligibles ont été reçues (498 doctorantes et 325 post-doctorantes). 23 doctorantes et 12 post-doctorantes font partie du palmarès de cette année. Elles reçoivent respectivement une bourse de 15 000 et 20 000 euros.
(sources chiffres et interview : L'Oréal-UNESCO).