• Formation

Batteries : l’université de Bordeaux au cœur d’une filière d’avenir

Mise à jour le :

Stocker l’énergie, accompagner la transition écologique, répondre aux besoins croissants de l’industrie… Les batteries sont aujourd’hui au centre de nombreux enjeux. Pour y répondre, la Région Nouvelle-Aquitaine pilote un programme de formation ambitieux baptisé BATTENA, auquel l’université de Bordeaux prend pleinement part. Objectif : développer dès aujourd’hui les compétences dont le territoire aura besoin demain.

Photo : © Emmanuel Petit / ICMCB
© Emmanuel Petit / ICMCB

En Nouvelle-Aquitaine, la filière batterie est en pleine ébullition. Avec des acteurs majeurs comme ACC, Saft, Forsee Power ou SERMA Technologies, la région concentre une part importante de l’écosystème français dédié à la production, au recyclage et à la R&D des batteries. Face à une demande croissante en compétences – opérateurs, techniciens, ingénieurs, chercheurs –, la Région Nouvelle-Aquitaine a lancé BATTENA, un programme lauréat de l’appel à projets France 2030 sur les compétences et métiers d’avenir (CMA), pour former 35 000 personnes d’ici 2030 et répondre ainsi aux enjeux de la transition énergétique.

Une approche globale de la filière

Sa particularité ? « C’est le seul projet sur les batteries porté par une région, explique Dany Carlier, qui gère BATTENA au sein de l’université de Bordeaux avec son collègue Fabrice Mauvy. Pour cette professeure de chimie et responsable du groupe Énergie, matériaux et batteries à l’Institut de chimie de la matière condensée de Bordeaux (ICMCB), « cela permet un lien très fort avec les entreprises locales et leurs besoins réels ; c’est la première fois qu’on échange autant avec les industriels pour construire nos formations. »

Le projet couvre l’ensemble de la chaîne de valeur et du cycle de vie des batteries : de l’extraction des matières premières jusqu’au recyclage, en passant par la fabrication, l’assemblage et l’usage. « Ce n’est pas seulement de la chimie », insiste Fabrice Mauvy, professeur d’électrochimie à l’IUT de Bordeaux (Département mesures physiques), également rattaché à l’ICMCB. « On mobilise des compétences en électronique, en matériaux, en mécanique, en production… » Cette approche globale se traduit dans les formations développées à l’université de Bordeaux. « Les étudiants ne voient pas seulement la théorie : ils manipulent, assemblent, testent. Ils ont une vision concrète de toute la chaîne », explique Dany Carlier.

Des formations co-construites avec les industriels

Parmi les projets phares : un nouveau diplôme universitaire (DU) en cours de finalisation dont l’ouverture est prévue à l’horizon 2027. Il est conçu en lien étroit avec les entreprises du territoire « pour que les professionnels viennent mettre à jour leurs connaissances et gagner en compétences, dans une logique de formation continue », précise Dany Carlier. « Ce DU abordera le stockage électro-chimique de l’énergie, les différents matériaux requis, comment on les synthétise, comment on les caractérise, comment on assemble les batteries et comment on les recycle. Il sera proposé à un niveau bac + 3 et sera adossé à une licence professionnelle qui est déjà proposée à l’université de Bordeaux. »

À l’IUT, une autre approche complète ce dispositif : un DU « Énergies » transversal, qui aborde différentes formes d’énergie – solaire, éolienne… -, dont les batteries. « On travaille avec des étudiants de plusieurs spécialités », explique Fabrice Mauvy. « Cela reflète bien la réalité du terrain : la filière batterie est profondément pluridisciplinaire. » Pour le reste, BATTENA permet une « coloration » de nombreuses formations déjà existantes pour répondre aux futurs besoins en recrutement (voir encadré ci-dessous).

Des enjeux scientifiques… et environnementaux

Si les batteries sont souvent associées à la transition énergétique, elles posent aussi des défis majeurs : approvisionnement en lithium, matériaux critiques comme le cobalt, recyclage… autant de questions au cœur des enseignements. « On ne cache pas les limites », insiste Dany Carlier. « On travaille justement à remplacer certains matériaux critiques et à améliorer le recyclage. » Un doctorant de l’université de Bordeaux, fiancé par le programme BATTENA, travaille par exemple sur de nouvelles méthodes de recyclage plus durables. Pour Fabrice Mauvy, l’essentiel est de former des professionnels capables de prendre du recul : « On essaie de développer un esprit critique. Aucune technologie ne résoudra tout, à elle seule. » Côté étudiants, l’intérêt est bien là. « Ce sont des sujets qui les attirent », observe Fabrice Mauvy. « Il y a à la fois une sensibilité environnementale et une vraie conscience des débouchés. »

Des formations à la pointe des enjeux de la filière 

  • Technicien (Bac +1/2) : DU Énergies – spécialisation Caractérisation et modélisation des batteries
  • Technicien supérieur (Bac +3) : BUT GEII – Parcours électricité maîtrise de l’énergie – spécialisation Caractérisation et modélisation électrique 
  • Technicien supérieur (Bac +3) : BUT Mesures Physiques (MP) – Stockage et conversion électrochimique de l’énergie & Technologies de l’hydrogène et des piles à combustible 
  • Technicien supérieur (Bac +3) : Licence professionnelle – Mention chimie et physique des matériaux – Recyclage et valorisation des matériaux batterie ​​​​
  • Master et Ingénieur (Bac +4/5) : Master de chimie – M2 – « Energy, communication and information » ​​​​​​​
  • Master et Ingénieur (Bac +4/5) : Master de chimie – M1 – « Sustainability, criticality & life cycle of materials » ​​​​​​​
  • Master et Ingénieur (Bac +4/5) : Master de chimie – M1 – « Batteries and alternative energies for transportation » ​​​​​​​
  • Thèse de doctorat (au-delà de Bac +5) : Thèse de doctorat – Recyclage des matériaux pour batteries 

En savoir plus

  • Dany Carlier-Larregaray

    Enseignante-chercheuse, co-porteuse du projet BATTENA

    dany.carlier%40u-bordeaux.fr

  • Fabrice Mauvy

    Enseignant-chercheur, co-porteur du projet BATTENA

    fabrice.mauvy%40u-bordeaux.fr+

 

BATTENA s’inscrit dans un ensemble de projets « Compétences et métiers d’avenir » portés par l’université de Bordeaux ou dont elle est partenaire, couvrant des domaines variés (IA, santé, spatial, énergie, aéronautique, physique quantique ou encore agriculture).

L’université de Bordeaux est ainsi porteuse de quatre projets : CAP ELENA, CAP IA, CAP Santé numérique et CAP BIOSPACE, et partenaire de plusieurs autres projets structurants, dont PEGASE, QuanTEdu, Digital FCU, ARCLiMeD, PFDD, NAVI et BATTENA.

À travers ces projets, l’université contribue au développement des compétences de demain en lien étroit avec les besoins des filières d’avenir et des acteurs socio-économiques du territoire.

 

Les projets CMA de l'université de Bordeaux