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Mise à jour le : 05/05/2026
Comment vivre sur la Lune ? Produire de la nourriture sur Mars ? Préserver la santé humaine dans des environnements extrêmes (changement climatique, isolement, radiations) ? Voici quelques-unes des questions auxquelles pourront répondre les étudiantes et les étudiants du nouveau Master 2 BioSpace-Xpert, ouvert dès la rentrée 2026.
Porté par l’université de Bordeaux, un nouveau Master 2 BioSpace-Xpert s’ouvrira à la rentrée 2026 sur le campus. Cette formation s’adresse aux personnes intéressées par l’exploration spatiale habitée et désireuses de relever les défis liés aux environnements extrêmes, tels que les variations de température, l’isolement, les radiations ou encore la microgravité. Il vise à apporter des éléments de compréhension tout en permettant l’acquisition et le développement des compétences nécessaires pour faire face à ces conditions.
Les avancées de l’exploration humaine reposent sur la formation d’expertes et d'experts capables de comprendre et de maîtriser l’adaptation du vivant à ces milieux contraints. C’est dans cette perspective qu’a été conçu le projet CAP BIOSPACE, dont fait partie le Master 2 BioSpace-Xpert.
Comme l’explique Jean-François Quignard, professeur de physiologie pharmaceutique à l'université de Bordeaux, docteur en pharmacie et co-porteur du projet, « l’espace est le milieu extrême par excellence ».
Le Master 2 BioSpace-Xpert forme des spécialistes capables de comprendre comment le vivant (humain, animal, végétal ou microbiote) s’adapte aux environnements extrêmes. Effets de l’apesanteur, radiations, santé mentale en confinement, production de nourriture en milieu fermé : les étudiantes et les étudiants vont travailler sur les grands enjeux des futures missions lunaires et martiennes.
En somme, « une formation unique, insiste Jean-François Quignard, qui propose de participer concrètement à l’aventure de l’extrême, mais du point de vue du vivant ». Une singularité qui repose à la fois sur un positionnement encore rare en France, sur la réunion de disciplines habituellement séparées et sur une interdisciplinarité réelle entre profils scientifiques complémentaires. Elle s’appuie aussi sur un écosystème d’acteurs directement impliqués dans le spatial et la recherche — agences, laboratoires, structures spécialisées et entreprises — qui connectent la formation aux réalités du terrain et aux besoins du secteur. La formation ne se limite pas au spatial. Elle s’appuie aussi sur les milieux extrêmes terrestres : radiations, confinement ou conditions climatiques extrêmes, avec des applications directes pour la santé sur Terre.
Biologie, santé, STAPS, médecine vétérinaire, ingénierie ou agronomie : le master rassemble des profils complémentaires. Cette diversité est essentielle : « Les réponses à apporter pour l’exploration spatiale ne viendront pas d’une spécialité mais de la combinaison de plusieurs compétences », rappelle Jean-François Quignard. Les étudiantes et les étudiants apprennent à travailler ensemble, comme dans les projets spatiaux réels, où biologistes, médecins, ingénieures et ingénieurs croisent leurs expertises autour d’un même objectif.
Le Master s’appuie sur un consortium de 14 universités françaises et sur de grands soutiens et partenaires comme le Centre national d’études spatiales (CNES), l’Inserm, l’Ifremer, MEDES ou Novespace. Des professionnelles et professionnels du spatial interviennent directement dans la formation, avec des exemples très concrets. Jean-François Quignard prend l’exemple du Dr Pryzbylla, scientifique en aquaculture durable de l’Ifremer, « qui nous parlera des poissons qu’il va bientôt envoyer dans l’ISS comme source de nourriture ».
Les étudiantes et les étudiants bénéficieront aussi de stages en France et à l’international, ainsi que d’une ouverture vers l’entrepreneuriat du New Space, cette nouvelle dynamique du secteur spatial portée par des acteurs privés, plus agile, innovante et accessible.
Le deuxième semestre comprend un stage de cinq mois en laboratoire ou en entreprise. Avant cela, les étudiantes et les étudiants conçoivent des projets expérimentaux, découvrent les contraintes de l’expérimentation spatiale et visitent des sites comme MEDES (Institut de médecine et de physiologie spatiales, spécialisé dans la recherche en conditions spatiales) ou l’avion zéro gravité de Novespace, un appareil permettant de reproduire l’apesanteur lors de vols paraboliques. Comme le souligne Jean-François Quignard, « ce sont exactement les compétences attendues en laboratoire ou en recherche et développement ». L’objectif : former des profils capables d’imaginer, tester et déployer des solutions pour permettre à l’être humain de vivre durablement dans l’espace.
Ce Master 2 s’adresse aux titulaires d’un Master 1 en biologie, santé, biotechnologies ou sciences du sport. Une expérience dans le spatial ou les milieux extrêmes peut faire la différence, mais la motivation reste essentielle. Il s’agit aussi « d’une formation pour celles et ceux qui veulent contribuer à la conquête spatiale, détaille Jean-François Quignard, en rendant la vie humaine possible au-delà de la Terre ».
Les inscriptions sont ouvertes du 5 au 31 mai 2026 (10 places)
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