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Les femmes à l’honneur à Bordeaux Neurocampus

Mise à jour le :

Dans le cadre de la Journée internationale des femmes de science, un séminaire de neurosciences s’est tenu le vendredi 9 février 2024 à Bordeaux Neurocampus avec les interventions de deux chercheuses engagées dans l’égalité des genres. A cette occasion, le premier prix Marian Diamond a été décerné, récompensant une postdoctorante pour la qualité de son travail de recherche et son implication dans la communauté scientifique.

Photo : Enrica Montalan, lauréate du Prix Marian Diamond et Jérôme Baufreton, directeur de Bordeaux Neurocampus © Bordeaux Neurocampus
Enrica Montalan, lauréate du Prix Marian Diamond et Jérôme Baufreton, directeur de Bordeaux Neurocampus © Bordeaux Neurocampus

Les courbes sont parlantes : alors qu’elles sont plus nombreuses en doctorat et post-doctorat, les femmes sont de moins en moins représentées au fur et à mesure qu’elles sont censées avancer dans leur carrière. Sur 54 équipes de recherche, 79% sont dirigées par des hommes. Elles participent moins aux prises de décision. Elles obtiennent moins de financement. C’est le constat de l’enquête sur les inégalités liées au genre menée par le comité parité de Neurocampus en 2002. 

Créé en 2020, l’objectif de ce comité est de promouvoir l’égalité, la diversité et l’inclusion dans les métiers de la recherche en neurosciences. A cet effet et au vu des résultats de l’enquête 2022, l’université de Bordeaux approuve la proposition du comité de récompenser une jeune neuroscientifique, à un moment crucial de sa carrière : la période postdoctorale. Les jeunes chercheuses se heurtent en effet à de nombreux obstacles pour accéder à des postes académiques. Des éléments d’explication ? Le déséquilibre vie professionnelle / vie personnelle - et notamment la parentalité - est plus préjudiciable aux femmes, la charge mentale domestique leur incombant encore pour majorité.

Le premier prix Marian Diamond (en hommage à la pionnière américaine des neurosciences anatomiques) a été décerné le vendredi 9 février 2024 à Enrica Montalban, post-doctorante dans l’équipe Nutrition et dimensions neuropsychiatriques (NutriPsy) du laboratoire Nutrineuro (Inrae - université de Bordeaux). Ce prix de 1000 € vient récompenser sa jeune carrière et vise à l'aider dans sa vie privée, tout en lui offrant un tremplin pour la suite de son parcours professionnel. La jeune chercheuse sera invitée à présenter ses travaux de recherche à la communauté des neurosciences le 16 mai prochain lors de la journée du Neurocampus de Bordeaux.
 

Marian Diamond (1926-2017)

Une grande femme de sciences méconnue : cette chercheuse américaine a fourni les premières preuves scientifiques de la neuroplasticité anatomique au début des années 1960. Plus tard, ses travaux sur le cerveau d'Einstein - qu'elle transportait dans une gigantesque boîte à chapeau fleurie - ont donné un nouvel élan à l'étude des interactions entre les neurones et la glie

L'hommage, via l'attribution de son nom à ce prix de neurosciences féminin, a été accueilli par la famille de Marian Diamond avec enthousiasme.

Découvrez un extrait de "My love affair with the Brain: the life and science of Dr Marian Diamond"

La salle était comble pour écouter les interventions des deux chercheuses et assister à la remise du prix, nous nous réjouissons de ce succès. Cela veut dire que nous progressons !

Jérôme Baufreton, directeur du département Bordeaux Neurocampus
Violetta Zujovic © Bordeaux Neurocampus
Violetta Zujovic © Bordeaux Neurocampus

Les interventions des chercheuses

Violetta Zujovic
Chargée de recherche Inserm, Paris Brain Institute (ICM)
« Une approche neuroscientifique pour parvenir à l'équité entre les genres »

Malgré l'acceptation croissante de l'égalité des genres dans les sociétés démocratiques, un contraste frappant persiste dans la réalité sociétale actuelle. L'une des principales raisons pour lesquelles les inégalités entre les hommes et les femmes persistent est la perpétuation de préjugés implicites et de stéréotypes liés au genre. Ceux-ci influencent notre comportement, notre capacité à reconnaître un traitement inégal et la volonté des personnes défavorisées de s'exprimer. Dans ce séminaire, Violetta Zujovic a expliqué comment la communauté des neurosciences est à l'avant-garde non seulement de la sensibilisation à ces préjugés inconscients, mais aussi des outils permettant de comprendre leurs origines cognitives et donc de briser les stéréotypes sociaux.

Tara Spires-Jones
Professeure, Université d'Édimbourg, Présidente de la British Neuroscience Association
« Imagerie des synapses dans la maladie d'Alzheimer »

Les recherches de Tara Spires-Jones portent sur les mécanismes et la réversibilité de la neurodégénérescence dans la maladie d'Alzheimer, d'autres maladies cérébrales dégénératives et le vieillissement. Au cours du séminaire, elle a présenté les recherches de son équipe, qui examinent pourquoi les synapses et les neurones deviennent dysfonctionnels et meurent dans ces maladies, afin de mettre au point des stratégies thérapeutiques efficaces. Elle a également décrit son parcours en tant que femme dans le domaine des neurosciences et a souligné l'importance des mentors. La chercheuse est elle-même mentor au sein de l'American Association of Women and Science et a encadré plus de 30 doctorantes et postdoctorantes.

Résultats de l’enquête 2022 sur les inégalités liées au genre

Consultez le dossier complet des résultats de l’enquête 2022

  • RESET : l’égalité des genres dans les politiques scientifiques et universitaires

    Porté par un consortium d'universités européennes, le projet Repenser ensemble l’égalité et l’excellence scientifique (RESET) vise à placer l'égalité des genres et la diversité au cœur de l'élaboration des politiques scientifiques et universitaires.