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Un mois pour passer le message d’une université plus inclusive

Mise à jour le :

De nombreux services et membres de l’université de Bordeaux ont collaboré pour programmer, tout au long du mois de mars, des conférences, des tables rondes et des rendez-vous culturels autour de la lutte contre les discriminations.

« Depuis 2015, l'université de Bordeaux a pris à bras-le-corps la question de l'égalité - en particulier la lutte contre les violences sexistes et sexuelles - et celle du handicap », explique Yamina Meziani, chargée de mission Égalité. « Mais il reste énormément d'enjeux à traiter, auxquels la nouvelle équipe présidentielle souhaite accorder toute son attention ». 

« La question de l’égalité et de la diversité peut sembler une notion assez abstraite, c’est pourquoi nous avons à cœur de l’incarner très concrètement. Nous voulons donner à chacune et chacun la possibilité d’être écouté et entendu, de ne pas être traité de façon différente en raison d’un quelconque critère, a fortiori prohibé par la loi. Les quatre critères auxquels nous avons donné la priorité sont ceux qui déterminent des discriminations fondées sur l’origine, le genre, l’orientation sexuelle et le handicap. »

Yamina Meziani © Arthur Pequin
Yamina Meziani © Arthur Pequin

L’organisation du mois de l’inclusivité à l’université vise à « créer des espaces de dialogue pour que les communautés se rencontrent et réfléchissent ensemble à ces sujets ». Les services ont travaillé de façon transversale pour monter une programmation riche basée sur des initiatives variées venant de toutes les composantes, des enseignants, enseignants-chercheurs comme des personnels administratifs et des étudiants. Aujourd’hui, près de 150 personnes travaillent activement sur ces sujets liés à l’égalité et la diversité. 

L’inclusivité est définie comme l’aptitude à s’intégrer et être inclus dans un effort partagé et accepté. Autrement dit, chacun(e) s’intègre selon ses moyens et est
inclus(e) selon ses besoins ».

Eric Dugas, chargé de mission handicap

La cellule d’écoute, de veille et de signalement (CEVS) sera particulièrement mise en lumière au cours de ces différents rendez-vous pour que les personnels et la communauté étudiante n’hésitent pas à y faire appel. Yamina Meziani rappelle qu’au cours des deux dernières années, son fonctionnement a été restructuré et son périmètre élargi à toutes les formes de discrimination. Pour saisir cette cellule, un formulaire en ligne est accessible à toutes et tous, (jugé plus adapté qu’une ligne téléphonique), et le traitement des signalements opérés par les étudiantes et les étudiants a été externalisé, afin que ces derniers se sentent davantage en sécurité et libres de témoigner.

Quatre temps forts, calqués sur quatre journées internationales

Le mois débutera par une grande soirée de lancement autour des discriminations le 7 mars à l’Agora de l’université (Domaine du Haut-Carré à Talence) - Inscription obligatoire, dans la limite des places disponibles

On y retrouvera :

  • une série de « talks » d'enseignants-chercheurs et chercheurs de l’université
    -Solange Rigaud > Pour être inclusifs, ne parlons plus des civilisations
    -David Diallo > Discrimination et identités culturelles : quelques réflexions
    -Stéphanie > Vandentorren_Poids des discriminations sur l’état de santé des populations en situation d’exclusion sociale
    -Marie Padilla > Discrimination positive dans les universités américaines : retour sur la décision Students for fair admissions v. Harvard
    -Joseph Larralde > Élargir l’accès à l’interprétation musicale avec Webmidifileperformer
  • deux tables rondes sur « La richesse des étudiants internationaux » et « L’accompagnement des personnes en situation de vulnérabilité »

Puis suivront des journées spéciales consacrées le 8 mars aux violences au sein du couple, le 18 mars aux handicaps invisibles, le 21 mars à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, et le 25 mars à l’identité transgenre. 

  • Journée des droits des femmes

    Premier des quatre temps forts, calqué sur la journée internationale du droits des femmes du 8 mars.

  • Journée des handicaps invisibles

    Une table ronde sur la stigmatisation des formes de handicap et un atelier de sensibilisation à la surdité ouvert aux étudiants et aux enseignants de l'université, le 18 mars.

  • Journée de lutte contre les discriminations raciales

    Deux tables-rondes programmées le 21 mars.

  • Journée de la visibilité transgenre

    Dernier temps fort, la projection du documentaire Safe Place, le 25 mars.

Egalement durant le mois de l'inclusivité :

En parallèle des journées, auront lieu tout au long du mois divers événements : expositions, conférences, lectures théâtrales, happenings artistiques...

EXPOSITIONS

  • Parole d’hommes, campus Victoire, du 15 mars au 29 mars
    Faisant le lien entre sociologie, droit et création artistique, cette expo traite de la mise à l’épreuve du corps des femmes et hommes ayant vécu un parcours migratoire.
  • Femmes et sport, campus Montesquieu (Pessac), BU droit-lettres, du 15 mars au 28 mars
    Expo-photo mettant en lumière différents profils de sportives de l’université
  • Exposition de l'association étudiante M.E.U.F, campus Montesquieu (Pessac), BU droit-lettres, du 15 mars au 28 mars
    Portraits d’étudiantes et étudiants, illustrant la diversité des personnes composant la communauté LGBTQ+/queer
  • Exposition RESET - Visages de la recherche scientifique : la recherche, ce n'est pas un travail individuel
    Cette expo rend visible les métiers de l'ombre de la recherche, majoritairement exercés par des femmes

WEBINAIRE > Acting Together against Discrimination and Gender Biais in Higher Education
06 mars de 12h à 14h (en ligne et en anglais) - Page de l'événement
Proposé dans le cadre du projet RESET, ce webinaire interroge les discriminations existant dans le monde universitaire et les moyens de les combattre. 

DATAQUITAINE 2024 > Vers une utilisation responsable de l'IA : améliorer les services des urgences tout en réduisant les biais sociodémographiques
21 mars de 13h45 à 14h15, ENSEIRB-MATMECA amphi 3 - Programme
L'Inserm BPH, en collaboration avec le CHU de Bordeaux, travaille sur l'utilisation de l'IA pour détecter et corriger objectivement ces biais, notamment ceux liés au genre, en vue d'améliorer l'équité dans notre système de santé.

Pour aller plus loin sur la notion d'inclusivité

Deux références bibliographiques:

  • Version courte et vulgarisée : Dugas, E. (2022). Débat : Pourquoi passer de l’inclusion à l’inclusivité. The Conversation
  • Version longue et scientifique : Dugas, E. (2023). Vers une nouvelle ère : le passage de l’inclusion à l’inclusivité sociale et scolaire. Dans J.F. Bruneaud, Y. Montoya & Z. Ben Chaâbane (dir.). Le bien-être au prisme des violences scolaires. Espaces, corps, valeurs (p. 175-200). Presses universitaires de Bordeaux, collection S@nté en contextes [en ligne].


Extrait [Dugas, 2023, p. 196]

« La définition de l’inclusivité serait la suivante : « chacun(e) s’intègre selon ses moyens et est inclus(e) selon ses besoins ». Dit autrement, la dynamique réciproque, solidaire et équitable impulsée conduirait chaque personne, selon son libre arbitre à pouvoir dire : " Je m’intègre selon mes moyens, je suis inclus selon mes besoins". Les mots contribuant à faire les choses, ils interpellent profondément la participation pleine et entière à la vie sociale des citoyens et plus particulièrement à leur participation active et effective aux dispositifs qui leur sont alloués. »