© David Pell - MT180 CPU-CNRS © David Pell - MT180 CPU-CNRS

« Quand j’étais petit, je rêvais d’être dessinateur de grands huit. Puis à 14 ans, je voulais être médecin » se souvient Matthieu Lewis, aujourd’hui doctorant en génétique à l’université de Bordeaux.

Né à Londres il y a 28 ans d’un père anglais et d’une mère française originaire du lot et garonne,  Matthieu Lewis grandit avec sa sœur ainée et son plus jeune frère dans la capitale britannique. La famille quitte l’Angleterre alors que Matthieu a 14 ans pour s’installer à Latresne près de Bordeaux « dans une maison avec un grand jardin et des voisins, entre les vignes et les moutons, une qualité de vie que nous n’aurions pas eu à Londres» raconte Matthieu Lewis. Il entre au collège en 4e  et s’intègre parfaitement dans ce nouvel environnement français. 

« Je garde d’excellents souvenirs de ces années. Je n’avais pas la barrière de la langue, juste des progrès à faire en lecture et en écriture » précise-t-il. Après son bac, il entre à la faculté de médecine de Bordeaux mais redouble sa première année, ce qui le fait douter sur sa vocation. Six mois de voyage plus tard, c’est en biologie que le jeune homme décide de continuer à étudier ; il s’intéresse à la génétique, domaine dans lequel la recherche avance… Une deuxième année de licence à Bordeaux, puis une troisième à  l’université de Californie à Santa Barbara. « Un déclic. C’est grâce à cette année aux Etats-Unis que je suis là où je suis aujourd’hui. » Une vie à l’américaine version « Yes We Can » où il approfondit son intérêt pour les biotechnologies et tout ce qui évolue autour de la génétique, science  qui va « révolutionner la biomédecine. »

J’aimerai faire partie de la génération de chercheurs qui éradiquera le cancer

A son retour, Matthieu Lewis intègre un master de génétique moléculaire et cellulaire, un cursus qui correspond parfaitement à ses aspirations, au moment où le boom des technologies autour de la génétique bat son plein.  Tant et si bien qu’une thèse de doctorat lui parait être un passeport indispensable pour intégrer l’industrie des biotechnologies. Il choisit de travailler au sein du laboratoire ACTION - Oncogenèse mammaire et leucémique : diversité génétique et résistance aux thérapies (université de Bordeaux/Inserm) sur un nouvel outil de génie génétique très puissant, le fameux  CRISPR-Cas9  (prononcer crispère).  Son sujet ?  «L’identification de voies de résistance aux inhibiteurs de tyrosine kinase dans la leucémie myéloïde chronique par criblage CRISPR-Cas9 ».

Derrière cet acronyme barbare, se cache l’espoir de traiter de nombreuses maladies génétiques incurables dont certains cancers.  « Mon combat est de comprendre comment lutter contre le cancer de façon biologique en utilisant les nouvelles technologies en génétique » affirme-t-il convaincu.

Parler de science

Depuis quelques mois, son autre défi consiste à expliquer à un public profane trois années de recherche en  3 minutes via le concours national Ma thèse en 180 secondes.

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Un  exercice complexe qu’il a réussi avec brio puisqu'il a franchi l’étape des sélections régionales. Il  représentera les universités d’Aquitaine lors de la finale nationale le 13 juin prochain à Toulouse. « Notre rôle de scientifique est aussi de raconter ce que l’on fait dans nos laboratoires, d’aider les autres à comprendre nos travaux en utilisant des mots simples, de donner envie aux jeunes de s’intéresser à la recherche  grâce à des exemples concrets» plaide le futur docteur.

Matthieu Lewis soutiendra sa thèse au printemps 2019. Et se voit bien ensuite travailler dans une start-up spécialisée dans les biotechnologies… tout en continuant à parler de science.

Mise à jour le 14/06/2018

La prestation de Matthieu Lewis