Maël Pontoreau, un alliage de chimie et de médiation

Maël Pontoreau est doctorant en chimie des matériaux à l’université de Bordeaux au sein de l’ICMCB. Avec 11 autres doctorants en France, le jeune chercheur est mis à l’honneur dans une bande dessinée accompagnant la Fête de la science 2019. Portrait d’un passionné de médiation scientifique.

Maël Pontoreau © université de Bordeaux Maël Pontoreau © université de Bordeaux

 « La médiation scientifique, cela commence avec les parents et les frères, quand on leur explique nos recherches. » C’est ainsi que Maël Pontoreau, doctorant en chimie des matériaux à l’Institut de chimie de la matière condensée de Bordeaux (ICMCB*), décrit ses débuts en vulgarisation des sciences. Composante incontournable de sa carrière de jeune chercheur encore aujourd’hui.

Né il y a 26 ans à la Teste-de-Buch d’une mère infirmière et d’un père militaire, Maël Pontoreau y passe une partie de son enfance avant de déménager en Alsace, où son père est muté. Des années plus tard, sa famille retourne à Bordeaux et il entre au lycée Pape Clément en section franco-allemande. Maël Pontoreau obtient l’Abibac, délivrance simultanée du baccalauréat français et de l’Abitur allemand, et après 2 ans de prépa intégrée, il est admis à l’ENSCBP (École nationale supérieur de chimie, de biologie et de physique, Bordeaux INP). Engagé, il devient secrétaire du bureau des sports. « Je suis né avec un physique de rugbyman, mais en Alsace, ils ne font pas cela donc j’ai fait foot » plaisante-t-il.

Partager les sciences

Avec notamment un séjour de 6 mois dans la prestigieuse université californienne UCLA, Maël Pontoreau se spécialise au fur et à mesure dans la chimie des matériaux. Initialement attiré par les batteries et le stockage d’énergie, il réalise que l’électrochimie n’est pas « son truc » et découvre son intérêt pour les matériaux composites. Utilisant le graphène ou les nanotubes « ces matériaux sont annoncés comme ayant des propriétés extraordinaires qui pourraient améliorer beaucoup de choses » explique-t-il plein d’enthousiasme.

En février 2017, Maël Pontoreau démarre une thèse Cifre** à l’ICMCB avec l’industriel METALOR, fabriquant de contacts électriques pour lesquels il cherche à améliorer les cycles de vie grâce aux matériaux composites. « J’associe des nanotubes de carbone aux propriétés de conductivités thermique et électrique et de résistance mécanique formidables, à l’argent des contacts. » Interrogé sur son travail en laboratoire, il explique… cuisiner. « Je récupère des spaghettis de nanotubes que je démêle avec des ultrasons, je leur donne un revêtement pour ne pas qu’ils s’emmêlent, je touille pour mélanger avec l’argent et je cuis le tout à 700°C ! »

 

Contrairement à l’électrochimie, la médiation scientifique, c’est bien « son truc ». Maël Pontoreau aime parler de sciences, notamment en vidéo. A la « MythBusters » en mettant à l’épreuve une idée reçue pour un cours d’école d’ingénieur, en impliquant son petit frère dans une vidéo pour le Festival du film [pas trop] scientifique de La Rochelle ou encore en réalisant une animation 2D pour un cours de TD, le jeune chercheur est créatif et saisit chaque opportunité. En 2018, il participe à la finale bordelaise de Ma thèse en 180 secondes. « On peut être le meilleur scientifique, mais si on n’arrive pas à capter son public, le message ne passera pas. Avec ce concours d’éloquence, j’ai appris à mieux gérer mon stress face au public. » Décontracté, mais préparé.

Cette année, Maël Pontoreau a été choisi avec 11 autres doctorants en France pour un projet de bande dessinée diffusée lors de la Fête de la science. Le défi ? Vulgariser son sujet de thèse en trois planches de dessins divertissantes et scientifiquement correctes. Entre allers-retours avec les scénaristes pour ajuster texte et couleurs, réunion à Paris avec des personnes du ministère l’enseignement supérieur et de la recherche, et de l’innovation, conférence de presse de lancement de la Fête de la science, Maël Pontoreau vit une expérience intense et enrichissante. « Outre le fait que se voir en bande dessinée est amusant, j’ai été épaté par le travail des scénaristes, de voir qu’on peut dessiner aussi simplement et précisément des notions pourtant complexes. Interagir avec eux m’a aussi permis de prendre du recul et de mieux vulgariser mon propre sujet de thèse, témoigne-t-il. C’est une amélioration en continu avec chaque expérience de vulgarisation. »

 

Maël Pontoreau devrait soutenir sa thèse en mars prochain. Souhaitant devenir enseignant-chercheur, il prévoit d’approfondir ses recherches en post doctorat dans l’impression 3D de céramiques ou de métaux, de préférence dans une université allemande. « Cela me permettrait de combiner partage des connaissances et animation 3D, le tout en réactivant le côté Abibac. » Quant à la médiation, Maël Pontoreau va continuer à réaliser des vidéos de médiation et d’animation, pour compléter des cours magistraux par exemple. « Il y a plein de choses à faire. »

 

*ICMCB – Institut de chimie de la matière condensée de Bordeaux (unité CNRSCentre national de la recherche scientifique , Bordeaux INP et université de Bordeaux)

**Cifre – Conventions industrielles de formation par la recherche

Intitulé de la thèse de Maël Pontoreau : « Élaboration de matériaux composites à matrice argent et à renfort nanotubes de carbone »

Sciences en bulles, un projet de bande-dessinée

Le projet de bande dessinée Sciences en bulles est un livre qui met en lumière 12 sujets de recherches universitaires conduites par des doctorants en France. Spécialement édité pour la Fête de la science de cette année, il est diffusé gratuitement dans plus de 350 librairies en France pour tout achat d’un livre de sciences. Ce livre permet la compréhension et l'appropriation de sujets scientifiques grâce au duo de bédéistes, Peb et Fox, qui ont scénarisé et mis en images les différents thèmes de recherche de ces 12 ambassadeurs de la Fête de la science 2019.

Ce projet est réalisé par les éditeurs de Sciences pour tous du Syndicat national de l’édition, avec le soutien des ministères de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, et de la culture, et avec la participation de la Conférence des présidents d’université et de l’université de Lorraine.

Mise à jour le 08/10/2019

Ma thèse en 180 secondes

Pour en savoir plus sur le concours national :