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Quel a été votre parcours en tant qu’étudiant ?

Après le bac, j’ai intégré une classe prépa en mathématiques et physique. Puis j’ai rejoint l’université de Bordeaux en troisième année de licence. J’ai fait un master « prépa agrégation » et je me suis ensuite dirigé vers un master 2 en mathématiques. Actuellement, je suis en troisième année de thèse. Le sujet est difficilement explicable à ceux qui ne sont pas du domaine, disons que cela porte sur de la recherche en mathématiques fondamentales.

Pourquoi avez-vous rejoint l’atelier théâtre ?

J’aime le théâtre. J’en avais déjà fait quand j’étais au lycée, mais faute de temps je n’ai pas pu continuer en prépa. J’ai eu envie de m’y remettre quand j’ai commencé ma thèse. Je me suis alors renseigné sur ce que proposait la fac, c’est une chance d’avoir gratuitement accès à ce type d’activités.

Comment est constitué votre groupe ?

Nous sommes 14, moitié filles-moitié garçons. Je suis le seul en thèse, les autres viennent de différentes filières allant de la première année de licence au master 2. Il y a une très bonne ambiance. Nous sommes encadrés par une professionnelle, Jenny Liebgott, qui s’occupe de la mise en scène. Elle est efficace et très à l’écoute.

Comment fonctionne l’atelier ?

L’atelier est centré sur le jeu d’acteur. D’autres clubs de l’université s’occupent des aspects comme le son, la lumière ou les affiches. Dans la première partie de l’année, de septembre à fin décembre, les séances sont consacrées à des exercices. Nous n’avons pas encore de textes à apprendre. Nous travaillons sur l’aspect corporel, sur notre voix et faisons pas mal d’impro. Cette période permet de consolider le groupe, d’intégrer les nouveaux arrivants et de partager ses expériences.
Puis de janvier à avril-mai, nous nous occupons du spectacle qui donnera lieu à une représentation d’environ une heure. La pièce choisie l’an dernier, Le Kid de Marine Auriol, est une pièce récente encore inconnue du grand public. Un joueur raconte sa vie sous la forme d’une partie de poker. Il s’agit d’un monologue du personnage principal avec l’apparition ponctuelle de deux personnages secondaires. Le texte a été découpé pour que chacun puisse participer. Je partageais avec un autre comédien le rôle de Jimmy, le mentor manipulateur du joueur. Nous ne l’avons pas joué successivement mais étions en même temps sur scène afin de renforcer son côté omniprésent, oppressant.

Combien de temps consacrez-vous au théâtre ?

Nous avons deux heures de présence par semaine pour les cours et je m’exerce environ une heure en plus chez moi. La fréquence est plus importante quand le spectacle approche. Nous bloquons un week-end de répétitions avant la représentation. Le théâtre n’interfère pas du tout avec ma thèse, mais même si j’ai beaucoup de travail, j’y vais sans remords. Le créneau est bloqué dans mon agenda !

Que vous apporte cette activité ?

Le théâtre est un exutoire. Aller aux cours me donne la pêche et me permet de rencontrer des gens, de partager. C’est aussi du travail : apprentissage du texte et recherche de l’interprétation. Il faut peaufiner, avoir le souci du détail. Cela me sert également au niveau professionnel, je donne des cours et j’aimerai devenir enseignant en classe prépa. Le théâtre m’a aidé à poser ma voix et à adopter un langage corporel adéquat en travaillant sur la gestuelle. J’ai prévu de continuer en troisième année de thèse, puis en club par la suite. Pour moi le théâtre c’est vital !

*Institut de mathématiques de Bordeaux (IMB)                                                                                                                                                                                                                       Propos recueillis par Audrey Bornancin Plantier

Mise à jour le 15/09/2014