Une recherche mobilisée contre le Coronavirus

Face à l’épidémie de Covid-19, la recherche se mobilise partout dans le monde pour lutter contre le virus Sars-CoV2. Plusieurs équipes de recherche de l’université de Bordeaux sont impliquées.

  • 25/03/2020

 © Gautier Dufau © Gautier Dufau

Depuis plusieurs semaines déjà, la communauté scientifique internationale s’est mise en ordre de marche pour lutter contre l’épidémie grandissante de Covid-19. Différents appels à projet ont été lancés afin de pouvoir les financer, dont notamment en France via l’action du consortium REACTing (REsearch and ACTion targeting emerging infectious disease), coordonné par l’Inserm pour lequel 20 projets ont été sélectionnés ou encore l’appel Flash de l’Agence nationale de la recherche (ANR), un dispositif accéléré pour répondre à des besoins urgents de recherche.

 

Sur le campus bordelais, les chercheurs du Centre de recherche Bordeaux Population Health (BPH, unité Inserm et université de Bordeaux) sont particulièrement impliqués dans des recherches sur le virus Sars-COV2 :

- l’équipe Maladies infectieuses dans les pays à ressources limitées – IDLIC, qui a une grande connaissance des infections à virus tels Ebola ou encore le VIH, est en train de mettre en place différents projets avec des demandes de financement notamment en Afrique (équipements de laboratoires de CHU africains, étude de cohorte de malade) et d’essais thérapeutiques en France et en Afrique. 

- la plateforme de recherche European clinical trials platform & development (EUCLID) et notamment le Centre de méthodologie et de gestion des essais cliniques - CMG/ANRS va apporter son expertise et son soutien dans la mise en place et la conduite d’essais cliniques, notamment dans le cadre du consortium REACTing.

- les chercheurs de l’équipe Inserm/Inria Statistiques pour la médecine translationnelle – SISTM, qui se consacrent à l’élaboration de méthodes statistiques pour l’analyse intégrative des données en médecine et en biologie, pourront être mis à contribution, notamment dans les projets soumis par le Vaccine Research Intitute.

Deux équipes du laboratoire Microbiologie fondamentale et pathogénicité (MFP – CNRS et université de Bordeaux), l’équipe Variabilité, réplication et mobilité des génomes viraux et bactériens et l’équipe  Spatial and temporal control of virus-host interactions en partenariat avec des chercheurs du Centre de recherche cardio-thoracique de Bordeaux (CRCTB – Inserm et université de Bordeaux, Hôpital Xavier Arnozan), et du centre de recherche BPH ont répondu à l’appel d’offres ANR Flash COVID-19 en proposant un projet collaboratif portant notamment sur l’élaboration de nouveaux modèles cellulaires pour comprendre la physiopathologie de la maladie.

De la biologie en passant par les mathématiques et les sciences humaines et sociales

D’autres laboratoires de recherche du campus vont également s’impliquer dans différents projets de recherche, l’Institut de chimie et biologie des membranes et nano-objets (CBMN) par exemple, ou encore l’Institut de mathématiques de Bordeaux (IMB, CNRS, Bordeaux INP et université de Bordeaux) qui a aussi répondu à l’appel Flash de l’ANR sur la question de la dynamique de diffusion du virus.

Les chercheurs en Sciences humaines et sociales (SHS), notamment en économie, en droit, en psychologie…, sont aussi en train de réfléchir à différents projets d’étude qui pourront plutôt se mettre en place après le confinement – du fait des protocoles d’enquêtes, autour de thématiques aussi diverses et variées que le droit de retrait des travailleurs, les municipales, les relocalisations dans l'industrie pharmaceutique, l’hétérogénéité des comportements durant le confinement, l'impact sur la santé mentale, les comportements de discriminations en cas de menace sanitaire, la responsabilité de L’État pour faute au regard du manque de masque de protection, les pouvoirs de police, la proportionnalité des limitations de liberté, etc.

Et enfin, des professeurs d’université et praticiens hospitaliers (PU-PH) travaillent au quotidien sur le coronavirus dans leurs services à l’hôpital. Le laboratoire de virologie du CHU de Bordeaux, dirigé par le professeur Marie-Edith Lafon (chercheuse à MFP), assure le diagnostic de tous les échantillons suspects de la région. Le professeur Denis Malvy – nommé membre du conseil scientifique d’experts autour du ministre des Solidarités et de la santé, Olivier Véran et également chercheur au centre de recherche BPH - est responsable de l'unité des maladies tropicales et du voyageur où sont traités des patients atteints du Covid-19.

Un appel à projet SPARK dédié

Par ailleurs, le programme SPARK, qui soutient la recherche translationnelle pour accélérer le passage des bonnes idées en solutions au profit des patients et de la société et dont fait partie l’université de Bordeaux, a choisi de mettre son réseau international à profit sur la recherche sur le coronavirus. SPARK Bordeaux a lancé un appel à projets dédié au Covid-19 avec un examen au fil de l’eau et un dossier allégé. Trois axes sont ciblés : la prévention, l’amélioration de la prise en charge et du pronostic des patients positifs au COVID-19. Les projets identifiés seront développés au contact du réseau international SPARK Global, notamment via SPARK Europe.  

 

Un appui national

"Il est indispensable de mobiliser les connaissances déjà acquises et d'en générer de nouvelles pour mieux comprendre le Covid-19, trouver de nouvelles sources thérapeutiques et préparer un vaccin qui permettra d'assurer une protection individuelle et collective" a indiqué Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.
Le ministère a d’ailleurs précisé avoir porté à 8 millions d'euros l'effort global de la recherche sur le Covid-19 porté à afin de soutenir et coordonner la réponse scientifique à la propagation du virus sur le territoire national.

 

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