Le cerveau des ados a besoin d'oméga-3

Les oméga-3 sont indispensables pour le cerveau dès l'adolescence, c'est la conclusion à laquelle est arrivée une équipe de chercheurs de Marseille à l'Institut de neurobiologie de la méditerranée et du laboratoire bordelais Nutrineuro. Les résultats sont parus dans la publication internationale, The Journal of Neuroscience.

  • 23/06/2017

La croissance rapide des sociétés occidentales a été associée à des changements conséquents de régimes alimentaires. L’alimentation est appauvrie en acides gras essentiels de type oméga-3, que l’on trouve en grande quantité dans les poissons gras comme le saumon, les graines de chia, la noix ou encore le soja. Ces carences en oméga-3 peuvent entraîner des comportements dépressifs.

Des comportements adultes anxieux

Des chercheurs au sein de l'Institut de neurobiologie de la Méditerranée - Inmed (Inserm/ Université d’Aix-Marseille) et l'unité Nutrition et Neurobiologie Intégrée - Nutrineuro (Inra/ université de Bordeaux) ont développé un modèle animal (rongeur) de carence en oméga-3 depuis l’adolescence jusqu’à l’âge adulte. Ils ont ainsi remarqué que débuter ce régime faible en oméga-3 dès l’adolescence diminue les taux d’acides gras dans le cortex préfrontal (impliqué dans les fonctions cognitives complexes comme la prise de décision, le contrôle exécutif, le raisonnement) et aussi au niveau du noyau accumbens (impliqué dans la régulation de la récompense et des émotions), se traduisant à l’âge adulte, par des comportements de type anxieux et une diminution des fonctions cognitives.

Une restauration des fonctions cérébrales possible

Dans le but de développer des solutions thérapeutiques innovantes, les scientifiques ont démontré que deux méthodes étaient efficaces pour restaurer totalement les fonctions cérébrales des souris adultes déficientes en oméga-3 et leurs comportements émotionnel et cognitif. « Pour cela il nous a suffi d’amplifier la capacité du récepteur (mGlu5) du glutamate (neurotransmetteur le plus important du système nerveux central) au niveau des neurones afin de rétablir les échanges, ou d’inhiber la dégradation du principal cannabinoïde naturellement sécrété par le cerveau et qui contrôlent la mémoire synaptique » expliquent les chercheurs à la tête de l’étude, Olivier Manzoni (Inmed) et Sophie Layé (Nutrineuro).

Ces résultats, publiés dans The Journal of Neuroscience, indiquent que la nutrition est un facteur environnemental clé qui influence les fonctions cérébrales et le comportement jusqu’à l’âge adulte, bien après la fin de la période périnatale. Ces travaux ont permis l’identification de facteurs de risque nutritionnels dans les maladies neuropsychiatriques et indiquent des voies thérapeutiques nouvelles aux troubles comportementaux associés à la carence en oméga-3.

Pour en savoir plus

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Contact scientifique

Sophie Layé
Directrice de l'unité Nutrineuro

Références

Amplification of mGlu5-endocannabinoid signaling rescues behavioral and synaptic deficits in a mouse model of adolescent and adult dietary polyunsaturated fatty. acids imbalance.