L’université de Bordeaux rejoint le combat contre la tuberculose

Grâce au support d’UNITAID pour un montant de 14,670,470 USD et de l’Initiative 5% (Expertise France) pour un montant de 1,499,904 EUR, l’université de Bordeaux est heureuse d’annoncer le lancement du projet TB-Speed qui vise à réduire la tuberculose infantile en Afrique et en Asie en améliorant le dépistage et en facilitant l’accès aux traitements.

  • 19/09/2017

Ce projet de quatre ans mis en œuvre dans sept pays (Cameroun, Côte d’Ivoire, Mozambique, Sierra Leone, Zambie et Cambodge) a en effet l’ambition de renforcer les capacités locales, de fournir un équipement de pointe et adapté mais aussi de développer des approches de diagnostic innovantes. Son but est de contribuer à augmenter le taux de déclaration et l’accès aux traitements contre la tuberculose pédiatrique dans des zones à faibles ressources, afin de baisser à terme la mortalité infantile due à la tuberculose. En 2015, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estimait qu’un million d’enfants avaient contracté la tuberculose et que 210 000 d’entre eux en étaient décédés, dont 95% dans des pays à revenus faibles ou intermédiaires. Les enjeux majeurs liés au diagnostic de la tuberculose chez l’enfant conduisent au fait que seulement 38% de l’ensemble des cas de tuberculose sont déclarés aux autorités en 2015 (Global tuberculosis report. WHO 2016).

Le directeur du projet, le Dr Olivier Marcy de l’université de Bordeaux a déclaré qu’”aujourd’hui plus de 600 enfants meurent chaque jour de la tuberculose. 95% d’entre eux ont moins de 5 ans et n’ont pas accès au traitement. Ceci est principalement lié à une absence de diagnostic. En renforçant les services de tuberculose pédiatrique, TB-Speed permettra d’augmenter le nombre d’enfants diagnostiqués et qui pourront être mis sous traitement. Cela représente un défi majeur qui répond aux attentes des patients ».

Sous la coordination de l’équipe IDLIC du centre de recherche Bordeaux Population Health, en charge des maladies infectieuses dans les pays à ressources limités, ce programme ambitieux rassemblera un consortium constitué de sept organisations : l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) en France et au Cameroun, la collaboration de recherche Université de Makerere–Université John Hopkins en Ouganda, l’institut Pasteur du Cambodge, l’association PAC-CI en Côte d’Ivoire, l’Institut National de Santé du Mozambique, l’ONG de Solidarité Thérapeutique et Initiatives pour la Santé en Sierra Leone et l’Université de Zambie.

Les activités seront conduites au travers de six grands groupes de travail, tous cherchant à surmonter les obstacles empêchant un diagnostic précoce de la tuberculose chez l’enfant, à savoir la concentration des services de tuberculose pédiatrique aux niveaux de soins tertiaire et secondaire, l’absence de dépistage systématique chez les enfants les plus vulnérables (enfants VIH+, enfants sévèrement malnutris ou enfants atteints de pneumonie sévère), la faiblesse des services de radiographie thoracique, le faible rendement des méthodes de diagnostic existantes, et l’absence de tests sur les lieux d’intervention.

Le premier groupe de travail testera de nouvelles approches de diagnostic de la tuberculose pédiatrique, décentralisées au niveau des infrastructures de santé disponibles dans les districts et sous-districts pour 10 800 enfants présentant une suspicion de tuberculose. Le deuxième groupe de travail évaluera une stratégie de détection précoce chez 3 000 enfants atteints de pneumonie sévère.
Le troisième groupe de travail validera des outils de diagnostic et des algorithmes chez 1 250 enfants infectés par le VIH ou sévèrement malnutris. Le groupe de travail 4 identifiera des méthodes de collecte et de mise en œuvre des échantillons optimisées, adaptées et abordables pour le diagnostic dans les pays à ressources  limitées. Le cinquième groupe de travail évaluera le coût-efficacité des approches de diagnostic proposées. Enfin, le sixième groupe de travail se concentrera sur les aspects dissémination et communication ainsi que sur l’engagement des acteurs majeurs.

Thèmes :

Contact scientifique

Olivier Marcy
Directeur du projet