L’égalité des genres au cœur du projet européen RESET

L’université de Bordeaux, en collaboration avec 6 autres universités européennes est lauréate du projet RESET. Objectif ? Mettre l’égalité femmes-hommes au cœur de l’excellence scientifique et académique. Un projet de grande envergure pour l’établissement. Démarrage janvier 2021 pour une durée de 4 ans.

  • 21/09/2020

RESET pour Redesigning Equality and Scientific Excellence Together. Autrement dit « repenser ensemble l’égalité et l’excellence scientifique », un sujet préoccupant depuis longtemps pour l’Union Européenne pour qui l’égalité entre les femmes et les hommes est un objectif majeur.

Une thématique également chère à l’université de Bordeaux qui souhaite à travers RESET réaffirmer son engagement en la matière. La première version du projet a été déposée dans le cadre de Horizon 2020, en avril 2019, suivie d’une autre tentative couronnée de succès en juillet 2020, puisque RESET a été le mieux classé de tous les projets de la catégorie « Egalité des genres ». Une grande satisfaction également pour les 6 universités européennes partenaires, elles aussi très engagées dans cette cause.   

« L’excellence scientifique peut être défavorable aux femmes sous couvert de neutralité »

« Notre projet initial a été remanié et affiné, nous sommes très fiers de ce succès affirme Marion Paoletti, chargée de mission "Parité, égalité, diversité" à l’université de Bordeaux et porteuse de ce programme ambitieux. « A l’université de Bordeaux, dès 2015 nous avons travaillé sur un schéma directeur « égalité femmes-hommes » qui porte aujourd’hui ses fruits. A titre d’exemple, en 2014 le pourcentage des femmes parmi les professeurs était de 16%, il est de 20 aujourd’hui. Le projet RESET est l’occasion de poursuivre cette trajectoire et de mener de nouvelles actions en faveur de la parité. Nous constatons que les femmes enseignantes/chercheures sont dans des situations plus précaires que celle des hommes, c’est également vrai au sein du personnel administratif » constate-t-elle.  « Notre objectif à travers ce projet est de favoriser un monde académique et scientifique égalitaire et inclusif. »

« L’université doit être le fer de lance de l’inclusivité et une force motrice pour la société » 

RESET bénéficie d’un budget total de 3 millions d’euros pour 4 ans, dont 547 000 reviennent à  l’université de Bordeaux, coordinatrice du projet. Une somme importante qui va permettre concrètement de co-construire de nouveaux processus et développer des outils pour des recrutements sans stéréotypes, tels que la formation des personnels et également à être attentif au genre dans la recherche. « Dans un projet de recherche, typiquement, les dimensions de genre sont rarement prises en compte, alors qu’elles devraient l’être en amont, dès la conception… » souligne la chargée de mission. Guides de bonnes pratiques, films et autres plans d’actions spécifiques seront mis en place afin de « permettre la diffusion du genre dans l’enseignement et la recherche ».

Toutes ces actions sont prévues dans le cadre de plans d’action (« Gender Equality Plans ») portés par l’UE. Ils seront développés au sein de plusieurs universités européennes dont Bordeaux entre janvier 2021 et juin 2021 via une approche participative, impliquant des représentants de tous les profils des membres de l’université (direction d‘établissement, représentants des chercheurs, représentants des départements, services administratifs impliqués dans les processus de recrutement des personnels), mêlant travaux en groupes et échanges autour de l’égalité à l’université sur la plateforme Agora.

 « RESET est une matrice pour un changement structurel sur la base de deux principes : l’intersectionalité -soit la prise en compte du croisement de plusieurs inégalités- et le co-design –soit une approche participative- » explique Luce Chiodelli, chargée d’affaires au sein de la Direction de la planification stratégique institutionnelle (DiPSI) et qui soutient Marion Paoletti dans la coordination du projet.

Un changement profond qui s’inscrit bien évidemment dans la politique "développement durable & responsabilité sociétale" de l’université de Bordeaux.

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En savoir plus

Le projet RESET fait partie d'une réponse d'établissement aux objectifs de développement durable déterminés par l'UNESCO, et s'appuie fortement sur une démarche participative, à l'instar des projets ACT et ENLIGHT. RESET rejoint le projet UBGRS 2.0 sur l'ambition de repérer des "talents", avec la particularité que ces futurs chercheur.e.s soient représenté.e.s dans leur diversité.