Chaire Fulbright-Tocqueville : bienvenue au professeur Martin Richardson

Martin Richardson, professeur d’optique, de lasers et de photonique à l’Université de Floride centrale (États-Unis), est lauréat de la chaire Fulbright-Tocqueville 2016-2017. Il occupe sa fonction à l'université de Bordeaux jusqu'à fin juin 2017 dans le laboratoire CELIA (Centre lasers intenses et applications) - dans le cadre du cluster d’excellence LAPHIA. Interview.

  • 16/02/2017

Martin Richardson / Chaire Fullbright-Tocqueville © université de Bordeaux Martin Richardson / Chaire Fullbright-Tocqueville © université de Bordeaux

Pourquoi avoir choisi l’université de Bordeaux pour votre chaire Fulbright-Tocqueville ? 

Ma collaboration avec l’université de Bordeaux remonte à plus de 20 ans. Rien de surprenant à cela puisque Bordeaux est un leader mondial de l’optique et des lasers et que l’Université de Floride centrale (UCF) est une des trois meilleures universités dans ce domaine aux États-Unis.

J’ai entamé ma collaboration avec Bordeaux lorsque la Fondation nationale pour la science a mis en place un programme d’été d’échange de stagiaires pour les étudiants de premier cycle en optique, lasers, photonique et matériaux optiques. L'université de Bordeaux faisait partie des institutions européennes qui ont participé au programme international REU (expérience de recherche pour les étudiants en premier cycle) pendant plus de douze ans.

Au même moment, nos groupes de recherche respectifs ont entamé une collaboration, et un programme diplômant international de master en optique, lasers, photonique et matériaux optiques a été créé entre les universités de Bordeaux, d’Iéna (Allemagne), de Clemson (États-Unis) et l’UCF. Parallèlement à ces programmes, plus de douze étudiants ont obtenu des doctorats en cotutelle entre Bordeaux et l’UCF. 

Mon épouse et moi avions déjà séjourné à Bordeaux en tant que professeurs invités, et en 2013, j’ai eu le grand honneur de recevoir un Doctorat Honoris Causa. Je plaisante souvent avec mes collègues et anciens étudiants en leur disant que tandis qu’il leur a fallu 3 à 4 ans pour obtenir le titre de « Docteur » à l’université de Bordeaux, il m’aura fallu presque dix fois plus de temps pour le décrocher !

Sur un plan plus personnel, mes origines anglaises me lient fortement à la France. Un de mes oncles a donné sa vie pour ce pays sur le front à Amiens en 1916. Aujourd’hui, je me rends également de temps à autre en Provence car j’ai hérité d’une petite propriété là-bas. 

Quels sont les atouts particuliers de l’université de Bordeaux dans votre domaine ?

Mon domaine d’expertise comprend le développement de lasers haute puissance et un certain nombre de leurs applications. Je suis donc au parfait endroit, ici à Bordeaux, qui est le centre de développement de lasers haute puissance en France. La ville doit ce positionnement à la présence du laboratoire de fusion laser du CEA, mais aussi au soutien de la région Nouvelle-Aquitaine qui a contribué à créer tout un écosystème économique pour les lasers, l’optique et la photonique à Bordeaux et dans la région.

L’université représente un centre d’expertise, de vision stratégique et d’installations avancées, et surtout, elle est la pépinière de futures générations d’ingénieurs et de scientifiques qualifiés dans ces domaines spécialisés.

Comment vous a-t-on accueilli et intégré ?

J’ai été chaleureusement accueilli non seulement par mes collègues de longue date à l’université de Bordeaux, mais aussi par mes nouveaux collègues au CELIA. Eric Mevel, nouveau directeur du CELIA, Vincent Dousset et Laurent Servant, vice-Président et le vice-Président adjoint des affaires internationales - ainsi que leurs équipes - sans oublier Frédéric Cauchois de la Fondation Bordeaux Université, ont fait tout leur possible pour que mon séjour se déroule au mieux.

Mon collègue de longue date, Eric Mottay (PDG d’Amplitude Systèmes) a également largement contribué au bon déroulement de mon séjour ici à Bordeaux, tout comme Lionel Canioni, directeur du LAPHIA, sponsor de ma chaire.

Quelles sont vos premières impressions de l’université de Bordeaux et de la ville ?

Au cours des 20 dernières années, j’ai assisté à la métamorphose de l’université comme de la ville. Au sein de l’université, la construction de nouveaux édifices et la rénovation des anciens bâtiments qui sont maintenant innovants sont les changements que l’on remarque immédiatement. J’ai cependant été davantage marqué par l’ampleur prise par la recherche à l’université. J’ai surtout remarqué que ses ressources peuvent être vectrices de développement économique.

Des initiatives tels que le LabEx (Laboratoire d’Excellence), le LAPHIA, la Route des Lasers (pôle photonique), Alphanov (Centre de technologie pour la Route des Lasers), etc. influencent fortement le développement économique du laser et de la photonique dans la région. Entre-temps, la ville elle-même est encore plus belle, le tramway est envié par nombre de grandes villes, et la scène artistique est bien plus dynamique.

Quels sont les sujets de vos cours, conférences ?

Mes responsabilités dans le cadre de la chaire Fulbright consistent à donner des cours de laser et d’optique non-linéaire au niveau master. J’ai également accepté d’apporter ma contribution pour :

  • Un cours particulier destiné aux étudiants de troisième cycle, portant sur les compétences relationnelles nécessaires pour réussir sa carrière
    • Des conférences spéciales sur la Science de la fusion (avec le Pr Vladimir Tikhonchuk)
    • Une collaboration avec le programme de partenariat stratégique d’Erasmus +, IT ELLI (Innovative Training and Education for Large Laser Infrastructures)
  • Des services de consultation auprès de start-ups et de petites à moyennes entreprises dans la région Nouvelle Aquitaine

J’ai aussi accepté de donner un certain nombre de conférences, en-dehors de l’université, à destination du grand public.

Que souhaitez-vous accomplir au cours de votre séjour à Bordeaux ?

En plus d’apporter une contribution supplémentaire dans mon domaine qu’est la science des lasers, j’espère en apprendre davantage, ou améliorer mes connaissances, sur la façon d’exploiter les bénéfices de la science et de la technologie dans la société. Mon expérience en tant que consultant scientifique au Département d’Etat et les impressions laissées par les récents événements politiques soulignent la nécessité de s’adresser davantage à toutes les composantes de notre société. Il nous sera très utile de décrire cette perspective des deux côtés de l’Atlantique.

A titre personnel, j’espère améliorer mon français, mais aussi mieux connaître la culture et l’histoire de la France. Bordeaux est la ville parfaite pour réaliser tout cela !

Conférence d'inauguration

La conférence « Lasers et photonique - aujourd’hui et demain » donnée par Martin Richardson s'est déroulée le lundi 13 février sur le campus de Talence.