Vers une transformation des campus

Propriétaire d’un patrimoine foncier de 187 hectares, au sein duquel le bâti compte près de 570 000 m² répartis sur 37 sites, l’université de Bordeaux a la volonté d’assumer pleinement son nouveau statut d’acteur responsable dans la fabrication de la ville. Explications avec Eric Genay, directeur de l’aménagement urbain au sein du pôle Patrimoine & Environnement de l’université de Bordeaux.

  • 21/05/2021

Désormais propriétaire de son patrimoine immobilier, l’université de Bordeaux se projette dans l’avenir avec une véritable stratégie immobilière selon un schéma directeur qui s’étale sur 20 ans. « Etre en capacité de gérer notre patrimoine va nous permettre de réhabiliter, de construire et de mieux valoriser le parc immobilier de l’université, de devenir un véritable opérateur urbain » déclare Eric Genay, directeur de l’aménagement urbain au sein du pôle Patrimoine & Environnement de l’université de Bordeaux.

Une stratégie immobilière renouvelée

Restructuré depuis début 2021, le pôle Patrimoine & Environnement (précédemment PILPSE) a clairement pour objectif de s’inscrire dans la continuité de l’Opération Campus  qui depuis 2014 a permis de mener à bien différentes réalisations avec l’aide de l’Etat, de la Région, de la Métropole et des communes concernées. « L’Opération Campus n’a traité que 35% de notre patrimoine rappelle Eric Genay, il en reste 65%...  C’est pourquoi l’université de Bordeaux a besoin de ressources financières complémentaires ». L’objectif est de générer très progressivement de nouveaux flux financiers permettant la mise en place d’un modèle économique innovant où ces nouvelles ressources viendraient contribuer aux besoins globaux de gros-entretien et renouvellement mais aussi garantir une capacité de réinvestissement permanente sur le parc dédié aux missions universitaires. Deux types de ressources ont été distingués : ponctuelles au début (octroi de baux à construction et à la marge quelques cessions) pour accélérer la remise à niveau du patrimoine dédié aux activités universitaires ; puis récurrentes (revenus de loyers issus du développement en propre d’un parc privé géré par une filiale) pour avoir dans un deuxième temps les moyens de l’entretenir correctement.

Créer « la ville »

Pour atteindre ces objectifs, l’université de Bordeaux présente un projet urbain autour de 5 axes illustrant les grands principes qu’elle souhaite voir incarnés dans les projets d’aménagement, de construction et de réhabilitation sur ses campus : l’ouverture sur la ville, l’exigence environnementale, la qualité architecturale, la volonté d’innover et la dynamique entrepreneuriale.  « Nous voulons créer un campus ouvert sur la ville et inclusif, un campus pérenne et qualitatif architecturalement, un campus décarbonné correspondant aux exigences environnementales, un campus innovant et connecté, et enfin un campus entreprenant au service de la dynamique entrepreneuriale du territoire » explique Eric Genay. Des logements, des commerces, des services et même des entreprises seront ainsi bientôt accueillis sur le campus bordelais. « Nous avons pour ambition d’ajouter une dimension socio-économique aux exigences traditionnelles du site en matière de formation de recherche et d’innovation » poursuit-il. Ainsi plusieurs opérations sont d’ores et déjà prévues sur le domaine universitaire Pessac-Talence-Gradignan. « La première porte sur la construction d’environ 400 logements étudiants et d’une résidence pour les courts séjours sur un terrain situé sur le campus Rocquencourt d’ici 2024. Un appel à candidature d’opérateurs urbains a été lancé; un lauréat doit être retenu en fin d’année. Nous prévoyons également des logements étudiants et des locaux associatifs et commerciaux sur le site de Doyen Brus, des maisons de ville à Lamartine ainsi qu’un programme mixte à Peixotto permettant d’accueillir des logements, des activités universitaires mais aussi des entreprises.»  Des projets ambitieux pour lesquels le pôle Patrimoine & Environnement a réorganisé ses activités et structuré ses équipes. « Pour être en maitrise de cette nouvelle activité, nous devons tous, à l’échelle du pôle monter en compétences, avec des recrutements externes et via des formations. Nous avons également missionné des professionnels (assistants à maitrise d’ouvrage) afin de nous accompagner sur chaque projet » conclut Eric Genay.